Le samedi matin, les gens sont moches. Bon, les autres, hein, moi je suis radieuse comme toujours. Mais ce matin, quand j’étais dans la salle d’attente à Sèvres, et que je voyais tous ces gens avec leur mine de déterrés et leurs yeux tout fermés, dégoûtés d’être réveillés d’aussi bonne heure (bah ouais, à 08h30 vous pense…), je me disais qu’au moins vu que j’avais l’habitude, et que je devais aller au travail après, je devais être trop magnifique comparés à eux. Je sais, c’est pas très sympa pour eux de dire ça, mais je dis pas que le reste du temps ils ne sont pas merveilleusement magnifiques.
Dans la salle il y avait des couples qui étaient venus ensemble, pour que monsieur soutienne psychologiquement madame. Trop poutou. Moi monsieur Faithful m’a proposé de venir, mais vu que le pauvre ne supporte pas la vue du sang, pour la prise de sang il aurait été un peu inutile, et pour ce qui est de l’échographie, si c’est juste pour me voir faire l’amour avec un appareil éléctronique, je pense pas que ça le fasse triper. Et je ne crois pas non plus qu’il trouve ça aussi délirant que moi de voir mes ovaires, ma vessie et « vous voyez aussi le bout d’intestin, là, en haut à droite » comme a dit le médecin. Donc je lui ai permis de rester au lit ce matin.

Et puis j’ai séché le travail. Ouais, pas bien, je sais, pas bien du tout. Mais sérieux, en sortant de l’hosto à 09h30, j’avais pas le courage de me taper encore une heure de route, sans compter les quarante-minutes au retour, qui font que finalement j’aurais passé ma matinée dans la voiture plutôt qu’au taf. Donc j’ai téléphoné pour dire que finalement, vu que les examens avaient du retard, je pourrais pas venir du tout, et puis voilà. Et puis personne n’en mourra je pense.

Et puis le samedi, ce qui est sympa, c’est l’infirmère téléphone plus tôt qu’en semaine, et voilà la résultat grandiose des analyses de ce matin:
– Ovitrelle ce soir pour déclencher mon ovulation lundi
– Ponction lundi matin
– Arrêt de travail jusqu’au jeudi. Donc je leur fous une putain de douille avec cette histoire, puisque du coup je n’y aurai pas foutu les pieds depuis mercredi, et que je n’y retournerai pas avant samedi prochain. Yeah! Oui je suis une faignante et peu consciencieuse employée, et alors?

On arrive au bout de la phase un de cette première FIV finalement, et j’ai un peu de mal à y croire, alors que le rythme s’accélère, et que ça devient de plus en plus concret. Enfin, concret, ça l’était déjà, mais là, si tout va bien, on s’approche du moment ou je vais avoir un embryon un vrai dans le bide, même si ça ne peut être que pour quelques jours. C’est drôle.

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