Je crois que c’est Kakrine qui avait employé cette expression dans les commentaires du blog, mais si c’est quelqu’un d’autre, qu’il se dénonce: on a déjà assez de galères comme ça, je voudrais pas voler la maternité de cette phrase magnifique à qui que ce soit.

Quand j’avais seize ans, je voulais être journaliste grand reporter. Ouais, j’étais super originale quand j’avais seize ans, c’était un peu le cas de tout le monde dans ma classe de terminale L d’ailleurs. Est-il vraiment nécessaire de vous dire que personne n’a fini journaliste? Je me disais quand même, grand reporter c’est cool, mais quand j’aurai des enfants, ce sera pas trop pratique, donc faudra que je sois journaliste dans un bureau. Genre journaliste politique. Ouais je le sentais bien journaliste politique. En plus j’avais une putain de conscience politique surdéveloppée: la guerre c’est mal, arrêtez les méchants, sauvez les petits chiens qui n’ont rien fait (bon, ça je le pense toujours, j’aime les chiens), la pauvreté c’est dégueulasse et c’est la faute des capitalistes partouzeurs de droite.

C'était l'époque où je voyageais à dos de licorne sur des arc-en-ciel

Bon, à la place, je fais un autre métier que j’aime beaucoup, et que j’avais juré que je ne ferai jamais parce que je me trouvais trop timide (ouais, c’était un peu maladif même, je bloquais quand je devais parler devant plusieurs personnes à la fois d’ailleurs, c’était horrible. Et pas très pratique pour passer les oraux d’examens ou de concours).

Quand j’avais seize ans je me disais que je finirai par sortir avec un mec viril et raffiné à la fois ( j’avais des putains d’illusions à la fois, je pensais que ça existait, un mec sensible, poète, aimant la littérature, et en même temps qui aime le sport et qui soit un bourrin). Je me rendais pas compte que déjà, on choisit pas, l’amour c’est un truc qui nous tombe dessus et qu’on ne contrôle pas (ouais, je sais, j’aurais dû garder cette phrase pour mon skyblog), et qu’avant tout je voulais quelqu’un de gentil, et avec qui je sois en confiance, et drôle. Parce que les mecs poètes et compagnie, ils sont quand même pas très drôles en règle générale, et croyez-moi j’ai eu l’occasion d’en côtoyer pas mal.

Quand j’avais seize ans je voulais avoir des enfants jeunes. Dans l’idéal, vers 23 ans, mais bon, avec les études toussa, je voulais bien reculer la limite jusqu’à 24-25 au plus tard. C’était vraiment important pour moi. Je dois dire que les filles qui disent « Moi j’ai toujours voulu avoir des enfants, depuis que j’ai eu mes premières règles j’ai été fière de pouvoir être mère un jour, je suis super contente d’avoir eu mon enfant à 23 ans parce que je voulais l’avoir jeune » j’ai envie de dire: bla bla bla. T’as eu de la chance c’est tout ma jolie, parce que maintenant que je vais avoir 27 ans, l’âge de la grande vieillesse (ouais evemaba, tu peux me tuer, c’est fait pour, lâche-toi! j’attends tes sages paroles consolatrices après!) et que je sais que je n’aurai pas d’enfant à ce moment, je me dis que finalement, l’âge, c’est quoi à côté de l’attente, et à côté de l’espoir d’avoir un bébé un jour, même à 40 ans?