Déjà, j’ai jamais aimé le cliché qui consiste à dire « Moi tu vois, je suis pas comme les autres meufs, je m’entends pas avec les filles, elles sont plus complexes dans leurs relations. D’ailleurs j’ai que des amis homme, je m’entends mieux avec eux ».

 

J’ai grandi dans une maison où c’était girl power. Et puis j’ai taujours eu des tas de copines filles. Des drôles hein! Parce que c’est vrai que le monde regorge de filles coincées, bah tant pis pour elle, faut savoir voir au-delà quand même.

Et puis quand on est entre filles, on discute. Je sais pas si les hommes parlent autant entre eux, j’espère pour eux.

Et j’ai pris conscience d’un truc, ça va vous paraître super con parce que sûrement vous le savez déjà, vous qui n’avez pas la tête dans le guidon de l’infertilité à longueur de temps, mais pour moi, ça a vraiment été une révélation.

J’ai découvert que je n’ai pas le monopole du désir d’enfant frustré.

J’ai rencontré une fille, qui voudrait avoir un enfant depuis plusieurs années, qui en a l’envie dans ses tripes, qui a la rage contre les autres qui ont des bébés alors qu’elle non. Parce que son mec veut pas. Parce que c’est plus le bon, parce qu’elle veut plus avec lui, et ça la bouffe d’en avoir tellement envie et que ce soit impossible.

Je me suis aussi rendue compte que certaines peuvent avoir des sortes d’infertilité passagère, genre pas de retour de couche (hein? je te cite pas mais tu te reconnais bien copine!), et que c’est dur de pas savoir quand, d’attendre, que ce soit long, que ça mette en question toute une organisation de la famille qu’on avait rêvé.

Alors ok, leurs raisons ne sont pas les miennes. Elles savent qu’elles sont fertiles, et même si l’attente est dure, ce ne sera pas comme ce qui me pend au nez une attente qui se compte en dizaine d’années. Bon, comme ça tant mieux au moins, je pourrais toujours me faire plaindre au moins! Mais malgré tout, je comprends tout ça, et je comprends que c’est une souffrance aussi d’être dans cette incertitude, dans cette attente, sans en voir le bout. Et je me sens moins seule. Et je me dis que finalement, faut peut-être arrêter de ne regarder que son nombril non?

[En revanche si demain j’ai oublié toutes les belles choses que je viens de vous dire et que vous  m’entendez fulminer contre « Cette pute qui passe son temps à se plaindre parce qu’elle prétend qu’avoir attendu 8 mois pour tomber enceinte c’est long, c’est normal!]

Par contre je le répète: les meufs pas drôles, barrez-vous, je préfère encore traîner avec des mecs!!