Y a quand même des métiers des fois, où je me dis que c’est un putain de foutage de gueule. Comme dame pipi, ou community manager… ou Fertility coach. Ouais, je connais pas le nom français, désolée, je suis so much in the jetlag you know, it’s amazing, ahahahah, ou alors juste ça existe pas en France je crois. Enfin j’espère.

Donc dans cette interview [attention les yeux c’est in inglish], Janet Chadwick  nous explique comment elle se fout bien de la gueule du monde en se faisant du blé sur la misère de connards complètement assistés en quoi consiste son métier de coach de la fertilité:

Je travaille avec des individus ou des couples qui veulent s’assurer qu’ils prêtent bien assez attention à leur santé émotionnelle et relationnelle [ouais je traduis comme je peux et je vous merde] lors de ce moment de stress intense qui suit le diagnostique d’infertilité.

Comme un psy quoi, mais en plus cher, et qui se contente de répéter ce que dirait un bon bouquin de développement personnel acheté 15.95€ à la fnac (je vous ai déjà dit que je conchie les bouquins de développement personnel?)

J’aide ces gens à regagner un équilibre lors de ces situations oppressantes afin qu’ils puissent se concentrer sur le résultat final.

Putain, je veux engager cette meuf, parce que franchement, là, je vois bien que je me disperse, je suis pas assez concentrée, je blogue, je vais travailler, je bitch sur les femmes enceintes, c’est naze. Alors qu’avec elle, je pourrais me dire « Mais putain, ne pas pouvoir avoir d’enfant, c’est pas grave. C’est même un peu glam’s. Je suis contente en fait. » Sauf que je pourrais plus me concentrer sur le résultat final après ça, mais c’est pas grave.

Faut dire qu’elle est peut-être très sympa Janet, mais elle est pas aidée par la journaliste qui lui pose des questions un peu concons:

J’ai l’impression que le coaching de la fertilité se développe de plus en plus, mais sans être régulé et encadré par de véritables cadres professionnels: comment quelqu’un peut-il être sûr de choisir un coach fiable?

Déjà, je dirais qu’on voit de plus en plus se développer des coach tout court. Genre des coach pour savoir comment t’habiller, pour savoir comment draguer les meufs… Je sais pas, je suis peut-être con, hein, vous me direz ce que vous en pensez, mais je crois que c’est avant tout un effet de mode. Nan mais chais pas, hein, je dis peut-être des conneries! Après, il me semble que vu que le coach propose avant tout un soutien psychologique, en fait, si on voulait choisir un coach mais de manière fiable et encadrée, on irait voir, euh… un psy? Ouais? Nan? Mais je dis ça comme ça hein!

Bon, à cette question, Janet nous explique en gros que, mais si, y a des trucs là, des fédérations, ouais, comme pour le judo ou le squash, pareil, mais pour les coach quoi. Et puis que bon, être coach, c’est quand même un don avant tout et que beaucoup de gens estiment que c’est la vie qui les a rendu aptes à coacher les autres. Janet elle nous dit aussi, pour qu’on puisse choisir un bon coach, que les qualités qu’elle trouve les plus importantes sont la compatibilité avec le client, l’habitude et le sens des responsabilité. Ok. J’aurais pas dit ça. Mais je suis pas coach en même temps. J’aurais dit: une formation en psychologie, des connaissances solides en infertilité. Ouais et la compatibilité mais c’est pas une qualité ça (mais bon, je lui pardonne à Janet, elle a peut-être aussi été un peu prise de court), mais le minimum c’est quand même de bien s’entendre avec le client à qui on va expliquer que « Oh, tu sais, tu ne devrais pas traiter ta femme de connasse stérile, elle ressent peut-être déjà une frustration, il faut la traiter avec gentillesse pour l’accompagner » ou encore « Vous pouvez parfaitement ressentir de l’amertume du fait de ne pas avoir d’enfants depuis 8 ans d’essais, mais aller chier sur le pallier de votre voisine qui vient de tomber enceinte à 14 ans ne vous soulagera que d’une manière très éphémère [ceci dit, je suis sûre que même l’éphémère est bon à prendre] ».

Bon, l’interview (de trois questions, mais que voulez-vous demander à un « coach de la fertilité » à part « mais putain à quoi tu sers »?) se termine en demandant à Janet quel conseil elle donnerait « aux femmes ou aux couples (oui, les hommes n’ont pas besoin de conseils apparemment, les hommes s’en tapent le cul par terre de l’infertilité, ils préfèrent boire des bières devant les Simpson’s) qui luttent pour concevoir un enfant? » Et je vous livre avec quel plaisir le bon conseil de Janet:

C’est vous qui avez le contrôle des docteurs que vous choisissez, des traitements que vous allez prendre et de la façon dont vous allez gérer vos combats [merci Janet, je savais pas, heureusement que tu es là pour me dire que je vais me démerder toute seule en fait]. Les choses peuvent paraître très impressionnantes parfois, mais je vous invite à être curieux au sujet de votre corps, de vos traitements (et de leurs effets) ainsi que de vos propres besoins [en effet, aujourd’hui je ne travaille pas, je vais être curieuse envers moi-même pour réfléchir à mes propres besoins, c’est une bonne idée. Je vais encore me faire traiter de faignasse avec ça vous allez voir.] Si vous n’êtes pas sûre savoir pourquoi on vous a prescrit un médicament, posez la question aux médecins, non parce que vous n’avez pas confiance en leur savoir, mais parce que vous avez le droit de comprendre ce qui touche à votre corps.

Merci Janet, merci beaucoup, tu t’es pas du tout foutu de notre gueule là.

Alors maintenant, le prochain qui rigole à mes blagues sur la fertilité ou sur les femmes enceintes, je le préviens, c’est 20€. Sinon je vous envoie le sur-coach: ma mère

En effet, le mot "coach" me fait automatiquement penser à Cristina Cordula