Hier, bien entendu, j’ai regardé Enquête de santé spécial AMP. Faut dire que chez nous les Faithful, on a attendu cette émission comme si c’était le père Noël qui allait passer. J’ai appelé toute ma famille pour les obliger à regarder, un peu comme si c’était mon passage à l’école des fans quoi. Et puis bon, j’ai dis à ma mère que ça lui éviterait peut-être de dire des conneries à l’avenir donc qu’elle avait intéret à regarder ce truc. Et puis c’est un peu notre Babyboom à nous, les gens stériles (un Babyboom avec pas trop de bébés, mais plus d’embryons que vous n’en verrez jamais).

Bon, l’article va probablement être long, j’ai plein de trucs à dire.

A commencer par Michel Cymes je t'aime, épouse-moi. Mon mari aussi t'aime et veut t'épouser d'ailleurs.

I. On a l’AMP qu’on mérite

J’aime bien commencer par un titre méchant. Parce que personnellement, ça m’a un peu choqué le couple qu’ils ont choisi de suivre, je me sens pas trop représenté par lui. Nan mais la nana, c’est quoi cette hystérique putain? C’est étonnant qu’elle ait pas saigné du nez pendant le reportage tellement elle s’énervait à se faire péter un vaisseau pour le moindre truc: « Faire des enfants comme ça c’est pas normal, ça m’énerve », « faire une ponction ça me fait chier », « j’ai pas d’embryon putain la rage » (bon, ça je comprends, j’aurais pas d’embryons je me mettrais à pleurer dans un coin recroquevillée en position foetale et j’hibernerais pendant une longue saison) Mais sérieux, si on n’y croit pas à l’MAP, faut pas y aller. Je me verrais mal avoir un gamin comme ça et lui dire « C’est quand même pas normal la façon dont tu as été conçu ». Dans ce cas-là, autant lui dire direct que c’est pas normal qu’il soit né, parce que selon la nature il aurait jamais dû voir le jour. Bref.

J’ai déjà dit que je ne considérais pas que les FIV étaient un combat. Bon, c’est mon point de vue, et tout le monde le partage pas, chacun son truc. Mais sérieux, pour qu’il y ait un combat, il faut se dire qu’on peut en sortir perdant. Moi je ne peux que gagner au jeu des FIV. Si ça ne fonctionne pas, je ne perds rien, je reste au même point c’est tout. Je ne combats pas la nature, la nature est comme elle est, elle ne fait pas les choses dans le but de me faire chier, c’est juste comme ça. A la limite, je me combats moi-même pour ne pas perdre mes papiers, et ne pas oublier de prendre mes médicaments, et c’est tout. Mais autrement, l’AMP c’est avant tout une chance immense qui nous est offerte, sans laquelle on ne peut que plier l’échine devant la force des choses et se résigner à ne pas avoir d’enfant par soi-même. Les FIV pour moi, c’est beaucoup d’espoir, et l’espoir c’est du bonheur. Ok, je dis pas ça quand je me prends une prise de sang négative dans la gueule, mais n’empêche que. A chaque début de traitement, je suis excitée comme une puce (nan, pas sexuellement, arrêtez vos sous malentendus tout de suite) parce que je me dis que quoi qu’il arrive, on a quand mêmeplus de chance avec que sans, alors je vais pas perdre mon énergie et ma bonne humeur à me dire que « Oulala, comme je suis malheureuse de faire des fiv ». Je suis ravie d’en faire, il y a des pays où une FIV coûte au moins 5000€ et où c’est payant de se voir proposer cette chance d’avoir un enfant.

II. Hôpital de Sèvres, béni sois-tu entre tous les hôpitaux!

Parait-il d’ailleurs qu’en France on a moins de résultats parce qu’on a du matériel soviétique qui fonctionne encore à la vapeur. Bah faut voir où ils ont choisi d’aller aussi.

L’hôpital du reportage était celui de Nice, ou celui de Saint-Vincent-de-Paul, tous deux établissements publics. MAIS PUTAIN, C’EST QUOI CES HOPITAUX DE MERDE? Alors voir l’hôpital de Nice, ça m’a direct cassé l’envie d’aller habiter dans le Sud, j’aime autant vous le dire. Déjà, la ponction sous anesthésie locale, je préfère crever. Je ne veux pas qu’on me transperce l’utérus et les trompes avec une seringue, sachant qu’à moins d’avoir une péridurale, on ne peut jamais vraiment anesthésier ces petits coins là. A Sèvres, on a une anesthésie générale d’office.

Et les médecins qui disent que la FIV IMSI est très rare, et qui se permettent de faire payer un surplus à leurs patients, nan mais ça sort de quel trou du cul ça? A Sèvres on est traité en IMSI, sans avoir rien à repayer en plus, c’est même eux qui nous l’ont proposé pour toutes les FIV qui nous restent!

Et puis je passe sur la salle de réveil de ponction à cinq lits, nan mais une balle dans la tête quoi. Pour peu qu’on tombe sur quatre bonnes femmes aussi énervées que celle du début, c’est bon, mes embryons risquent d’être bien trop angoissé pour vouloir découvrir un monde pareil!

III. Mais y avait quand même des trucs bien

Par exemple, le fait qu’aucun des couples ne réussissent. Ouais, c’est pas facile la fiv, ça marche pas ,à tous les coups. Là au moins, on n’a pas eu droit à la fille qui tombe miraculeusement enceinte avant le traitement, parce que c’est bien connu que ça arrive surtout aux autres ce truc.  C’était bien aussi d’expliquer à un moment que non, les hôpitaux français ne périclitent pas, les taux ne sont juste pas toujours calculés de la même façon qu’ailleurs, et que de toute façon c’est plus facile d’avoir des grossesses quand on ne limite pas le nombre d’embryons transférés.

Je ne vous cacherai pas que j’ai quand même failli saigner moi aussi du nez et pleurer des larmes de sang en insultant la télé quand le journaliste de ma bite a commencé à justifier l’augmentation des couples suivis en AMP par l’âge moyen des femmes à l’arrêt de la pilule. Là j’ai juste eu envie de dire connard. C’est vrai, c’est pas comme si tous les médecins s’accordaient à dire qu’il y a depuis quelques années une augmentation importante des infertilités d’origine masculine, sans qu’ils ne sachent l’exprimer. Bah non. C’est forcément les femmes bien entendu.

C’est dommage aussi d’avoir montré surtout les dangers de l »infertilité et d’avoir passé toute l’émission à montrer les cas les plus déprimants de France. Oui, je sais, ça existe aussi, mais on en oublierait presque que la majorité des couples qui ont des enfants par ce biais là, ce sont quand même des belles histoires, et ça, ça n’a été qu’évoqué, je trouve ça un peu regrettable.

Bon, en espérant que si vous l’avez regardé, vous avez appris des choses (sinon vous pouvez encore le voir ici) et que ma mère ne me fera plus chier avec ses réflexions à la con!