Je vous avais prévenus hier: aujourd’hui, je peux vous dire ce que j’ai fait pour le transfert qui a marché. Juste je vous préviens, si on m’avait dit ce genre de trucs avant, je pense que j’aurais sûrement répondu:

1) c’est du mytho

2) et bah on n’est pas rendus.

Je peux même pas vous dire que c’est des conseils, je peux juste vous dire ce que j’ai fait, et penser que ce seront toujours des conseils pour faciliter la nidation meilleurs que les trucs stressants qu’on peut trouver sur doctissimo, et puis après je vous le répète: chacun fait comme il peut. Il y a des gens très détendus qui y arrivent, et des gens très angoissés pour qui ça fonctionne dès la première fiv, et c’est tant mieux pour tout le monde, alors méfiez-vous des recettes toutes prêtes « pour faire tenir le brybry ».

Mais commençons donc par le conseil pourri numéro 1: J’ai fait une pause.

Elle est un peu glauque cette photo ou c'est moi?

Je l’ai pas voulu. L’échec de ma deuxième fiv, c’était en avril. Je voulais faire mon tec avant l’été. Sauf que: mon corps a dit stop. Nan mais un vrai stop quoi: comme il faut attendre la date de ses premières règles, mon utérus a décidé de me faire des feintes: ah tiens, un saignement comme un début de règles, à bah non, ça s’arrête deux jours après. Ah des saignements bien rouges. Mais qui durent 24h. Au bout d’un mois et demi de ce jeu de cache-cache-dégueulasse, j’ai compris que tout simplement, ce n’était pas le moment. Mon corps, il voulait se reposer un peu et il me l’a montré de plein de façons. Il voulait que je lui redonne du temps, et de l’amour (si c’est trop beau ce que je dis et que ça vous fait trop pleurer, je comprends, prenez un mouchoir et mouchez-vous bien fort, ça vous fera du bien. Je suis un vrai poète des fleurs des champs y a pas à chier). et comme le corps n’est pas pour moi une entité séparée de l’esprit (ça devient costaud comme conversation vous trouvez pas? On commence à utiliser des concepts philosophiques et tout, vous croyez que j’ai ma chance comme blog de l’année chez cosmopolitain?), mon cerveau aussi il en avait marre. Bref, c’était le moment de s’arrêter, de repenser à ce que je voulais être, et à la façon dont je concevais la fiv. comprendre comme dit la sage Evemaba que « Le temps défait tout ce qui se fait sans lui ». donc s’arrêter, et prendre le temps, de me résigner, d’accepter que la fiv, c’est pas l’assurance d’avoir un enfant au bout, et d’accepter l’échec d’avance. De me dire: le tec, ça marchera, ou pas, mais quoi qu’il arrive, si je pouvais avoir une quelconque influence là-dessus, bah ça se saurait. Je n’en ai aucune, je ne suis pas si puissante. Vous non plus d’ailleurs mesdames qui me lisez (voire messieurs): on ne contrôle pas ce qui se passe en nous; on peut s’en donner l’illusion en prenant des vitamines, en restant quinze jours au lit, en ne portant rien de lourd, en se retenant de faire caca. Certaines en on besoin, ça les rassure d’avoir des rituels, de se sentir actives. tant mieux, qu’elles continuent, l’important, c’est d’être aussi en accord que possible avec soi-même.  Moi finalement, c’était me poser plein de barrière qui me faisaient croire que je luttais contre quelque chose. C’est faux. Je n’ai jamais eu le sentiment de me battre contre la nature. j’ai eu l’impression que la science me faisait la courte échelle, mais c’est pas parce qu’on nous fait courte échelle qu’on va forcément atteindre le pot de confiture, on peut quand même se casser la gueule. La science, c’est une chance en plus, mais pas un instrument pour lutter. Parce que la nature ne nous en veut pas, parce qu’elle n’est pas contre nous. On a juste pas de chance, voila, c’est moche, et puis on vit pas dans une culture où on accepte les choses.

Je vous dis ça, croyez pas que je sois devenue une sorte de grand gourou bouddhinien (de bouddha vous voyez), y a des trucs que je digère toujours pas. Genre les autres ils sont fertiles quoi. Je peux pas m’empêcher de trouver ça foncièrement dégueulasse, mais en même temps, j’essaye toujours d’aller contre ma première pensée en me disant que bon, c’est comme ça, et c’est tout. Ca marche pas à tous les coups, je vous le cache pas. Je crois même que depuis que je suis enceinte, je suis encore pire qu’avant en fait, mais maintenant je m’en fous de la philosophie putain, je suis enceinte!