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On devrait se faire un bingo de l’amp où on ferait des grilles avec des noms d’examens et quand on aurait tout complété on aurait gagné. Perso je pourrais cocher déjà « bilan hormonal » et « hystéroscopie » (l’hystéroscopie est un examen charmant et environ indolore qui consiste à mettre une caméra (pas toi-même petit cochon, quelqu’un du métier) (imagine à la femis tu fais caméraman option « vagin » ahahaha) dans ta chatte donc pour voir si tu es aussi belle du dedans que du dehors.)

Je me retrouve avec une ordonnance qui me propose une demi douzaine de cabinets. J’ai beau regarder sur le net et tout, je finis toujours par me retrouver à une heure et demi de chez moi dans un coin paumé de Paris entre deux pmu(on me souffle que ma dernière hystéroscopie avait eu lieu à l’hôpital de la Muette).

L’extérieur était moche. Voire flippant. L’intérieur, on aurait dit l’appart d’une blogueuse mode. Je vous jure, il y avait une cheminée, des murs roses, d’élégantes chaises en plastique transparent, j’aurais suivi avec un bonheur et une délectation sans pareil le compte pinterest de cette gynéco.
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J’ai pas trop attendu, rapidement j’ai vu la gynécologue raccompagner à la porte UNE FEMME ENCEINTE en lui disant au revoir. Et puis ça a été mon tour. Elle m’a demandé si c’était moi où mon mari le souci. Voyons madame. C’est toujours mon mari le problème, quel que soit le sujet enfin. Et puis elle m’a fait passer dans une autre pièce « là en face ». C’était écrit « Entrée interdite en gros sur la porte, j’ai commencé à flipper.

Ca faisait hyper longtemps que je m’étais pas retrouvé le cul (et la tarte aux poils) à l’air devant un médecin. Limite j’étais gênée vous voyez. Je me suis allongée sur la table, la gynéco m’a gentiment expliqué ce qu’elle allait faire. J’avais les yeux rivés sur le moniteur et elle a à peine eu le temps de me dire « Ne regardez pas maintenant » mais c’était trop tard: j’ai vu mes deux fesses, une sorte d’instrument lubrique en métal (qu’on appelle un speculum) et plouf on était à l’intérieur de moi c’était la science fiction complètement folle.

La gynéco m’a fait visiter mon intérieur, on se serait cru à recherche appartement ou maison: « Là c’est les trompes vous voyez elles sont très belles, on circule facilement dedans, là c’est l’utérus, c’est tout beau, y a pas de traces l’ancien locataire a pas trop salopé le revêtement vous lui rendrez sa caution et voila pouf pouf on va sortir de là, restez allongée cinq minutes le temps que je tape le compte-rendu je reviens vous chercher ».

On se fait chier quand on est allongé seul dans une salle d’échographie vous savez. En cinq minutes j’ai eu le temps de psychoter sur les mille façons qu’elle avait de me voler le contenu de mon sac (laissé dans son bureau) puis de se barrer comme une vraie imposteuse comme on en voit dans les reportages de W9 (les charlatans qui arnaquent des patients sans défenses vous savez bien). Je suis con. Elle est revenue me chercher. Elle m’avait pas fait les poches. Pas encore.

C’est au moment où elle m’a dit « alors voila tout va bien bonne chance madame CA FERA 180€ » qu’elle me les as vraiment faites.

Mais pour 180 €, on peut voir une photo du dedans de ma chatte:
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J’ai changé vous savez. J’ai arrêté de croire que le monde entier m’en voulait et que s’il me balançait des conneries c’était uniquement dans le but de me narguer (prochain billet philosophique à venir très probablement). Des fois les gens disent des trucs cons, c’est juste parce qu’ils savent pas. Juste des fois on te demande des trucs t’es emmerdé.

Genre quand les voisins qu’on connaissait depuis vingt minutes nous on demandé en rigolant (et en exhibant avec ostentation leurs trois magnifiques enfants) « A QUAND LE DEUXIEME ». Pardon je le prends pas mal hein, ils peuvent pas savoir, juste répondre quoi?

a) ça ne vous regarde pas (ce qui n’est pas très gentil, si on se demandait que des trucs qui nous regarde les uns les autres on se parlerait plus trop les uns les autres en fait si on y réfléchit)

b) hihihi, je ne sais pas, bientôt j’espère hihihi (mais c’est niais)

c) Jamais. (ce qui est un mensonge, mais des fois ça a du bon, ça t’expose juste quand t’annonces ta grossesse à « ah mais c’est un accident » que aussi tu pourrais prendre mal)

Le mari a choisit la réponse d). La réponse où je me suis liquéfiée à ses côtés avec un air gêné en me dandinant sur le canapé des voisins et en essayant de lui faire signe que ça finisse:

« En fait j’ai un problème de qualité du sperme, donc on doit faire des fiv pour avoir des enfants, aller à l’hôpital et tout. Ouais celui la on l’a eu par fiv par exemple, c’est long, des fois ça fonctionne pas, mais ça va hein HAHAHAHAHAHA » (Le mari était très détendu.

Pour en finir avec les questions gênantes, le mari a choisi la réponse gênante.

Après les voisins nous on gentiment dit qu’on aurait le deuxième naturellement parce que des fois c’était psychologique BAH JE L’AI BIEN PRIS VOUS VOYEZ.

 

 

Cher journal,

Aujourd’hui j’ai rappelé l’hôpital de Sèvres. Hihihihi. Ca fait longtemps que j’attendais ce moment. Mais quand même j’avais une boule dans le ventre, tu sais, comme en quatrième que j’ai demandé à ma meilleure copine Aurore d’aller demander à Fabien s’il voulait bien sortir avec moi et que l’après midi elle m’a dit d’un air contrit (ou con tout court à qu’il voulait pas. Alors qu’en fait elle lui a jamais posé la question. Maintenant Aurore a pris 20kg uniquement localisés dans son derrière et à 30 ans elle s’habille uniquement chez pimkie. Des fois la vie est bien faite.

Autrefois quand j’étais jeune et que je crevais d’envie d’avoir un bébé il fallait trois mois pour avoir un rendez-vous avec le Dr Funky. Donc avec le mari pour une fois dans notre vie, on avait TOUT prévu:
– prendre rendez-vous en mars pour pouvoir rencontrer le Dr et la liste des branlettes dans le pot et des prélèvements chattaux à faire en juin,
– Faire les dits branlettes et les dits prélèvements durant l’été,
– REvoir le Dr en septembre,
– Faire un bébé en septembre.
J’étais même à deux doigts de me préinscrire à la maternité et de me mettre sur la liste d’attente pour la crèche pour la rentrée de septembre 2016. Tout ça c’était tellement règlé, ça m’a rappelé la dernière fois, en octobre 2008, quand j’ai arrêté la pillule en me disant: en décembre mes cycles se sont régularisés tels des sans papiers roumains, je tombe enceinte pour noel, j’annonce pour le jour de l’an et en septembre j’aurais un beau bébé. AHAHAHAHAHAHAH. Ca aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

La secrétaire m’a demandé: « Vous avez déjà rencontré le Dr Funky? » J’ai failli lui répondre « Mais enfin madame cet homme m’a fait un bébé » mais j’étais pas sûre qu’elle apprécie mon humour détonnant. Je me suis donc contenté de dire oui. 3on n’a pas de rendez-vous avant, oh lalala,… mi avril ». J’ai dit oui oui très bien avec un sourire (parce que dans envoyé spécial lors d’un reportage sur les call centers j’ai appris que ton sourire s’entend au téléphone. Et ouais. J’ai pensé GLOUPS. Mi avril donc. Tu sais cher journal, je n’annulerais pour rien au monde. MAIS. Mais je ne sais guère. Est-ce que notre si précaire équilibre à trois comme ils disent dans Psychologie magazine c’est une bonne idée de le remettre en question? Est-ce que je suis vraiment prête? Est-ce que quand on n’a plus jamais pris la pilule et qu’on surveille sa date d’ovulation en se disant même telle une doctissimette d’argent « j’espère qu’on a fait les TP au bon moment hihihi » on n’a pas déjà répondu à toutes ces questions? Toutes ces histoires d’attente, elles m’ont pas habitué à ce que les choses aillent plus vite que ce que je pensais, c’est normal que ça m’angoisse un poil.

Cher journal, tu crois qu’elle est vraie la légende qui dit que quand tu prends rendez-vous avec ton centre pma, si lla glaire d’une jeune vierge a arrosé un vieil érable centenaire et que la lune et pleine tu tombes enceinte naturellement? En attendant, je vais plutôt continuer de compter sur la fée condation in vitro.

Pendant longtemps dans ma tête il y avait régulièrement toutes les dates des enfants que je n’avais pas eus qui revenaient et qui marquaient l’année, celui que j’aurais pu avoir si j’étais tombée enceinte quand j’ai arrêté la pilule, celui que j’aurais pu avoir si je n’avais pas fait une grossesse biochimique, celui que j’aurais pu avoir si ma première fiv avait fonctionné.

 

Ce blog qui se trouve rangé sous l’url « Un jour mon bébé viendra » depuis qu’il existe quasiment, je me rends compte maintenant seulement à quel point c’est faux. Il n’est pas venu, il m’attendait juste quelque part et c’est moi qui suis allée jusqu’à lui.

Maintenant, les seule dates qui continuent de jalonner l’année, ce sont celles qui marque encore des étapes du chemin qui m’a mené vers celui que j’ai toujours attendu. Arrêter la pilule, essayer et attendre, c’était probablement écrit, et je suis contente maintenant de penser aux dates de premières piqûres, de ponctions, de transferts qui m’ont donné l’immense chance d’être en la possession de la plus grande terreur des bacs à sable de tout le Sud parisien d’un enfant beau comme le jour et surdoué (en toute objectivité évidemment).

Il m’est difficile d’oublier que le 24 décembre 2010, je recevais la première piqûre de traitement de stimulation de ma vie. Traitement qui n’a pas abouti, pas cette fois-là, mais puis-je en vouloir à la vie puisque c’était une étape nécessaire pour que j’ai mon bébé, ce lui-ci, et pas un autre? 

 

Joyeux Noël les gens.

Du sérieux et du lourd chez moi aujourd’hui, finit de rire et de parler de glaire et de règle!
En recherchant sur internet, je me suis rendu compte que cette expression de « faire le deuil de la grossesse naturelle » que je croyais très courante en AMP ne l’était finalement pas tellement. Dans les uns ou deux livres sur la fiv que j’ai lus (et que je n’ai pas finis parce qu’ils ne me plaisaient pas plus que ça d’ailleurs), il en était très peu question. Du coup, mon article d’aujourd’hui n’est pas du tout à prendre comme un truc psychologique, c’est juste un compte-rendu de mon expérience (genre la meuf quoi) et de mes impressions.


1. Arrêter de croire au bébé couette

Un jour on décide de faire un bébé. On essaye d’abord en se disant qu’on ne se prendra pas la tête, mais on y pense quand même tout le temps. Et puis on essaye longtemps. Plus longtemps que les copines, plus longtemps que tout le monde. Ca devient une obsession: l’obsession de la culotte et de ce qui se passe dedans, l’obsession de la température et de la courbe le matin, l’obsession des touktouk programmés avec dispute si le conjoint a le malheur d’être fatigué, obsession de « si je vais aux toilettes maintenant tout va couler, faut que je reste allongée une heure au moins ». Et un jour, on reçoit le courrier, on va voir le médecin, celui qui annonce que c’est mort. Que les chances d’avoir un bébé naturellement sont beaucoup trop faibles pour qu’on puisse s’en contenter. Il y a des gens à qui ça fait l’effet d’une douche froide. Il y a des gens qui entendent cette phrase résonner dans leur tête du matin au soir. Moi je m’y attendais. J’ai toujours plus dur de devoir attendre sans savoir pourquoi ça ne marchait pas, et d’espérer en vain, que de trouver enfin la source du problème. C’est personnel comme démarche de toute façon, plus encore, c’est même intime.

Et c’est à partir de ce moment qu’on remet en cause tout ce en quoi on avait cru, comme le fait que les bébés sont le fruit d’un très grand amour entre un homme et une femme. Bah nan, les bébés sont aussi le fruit d’un très grand amour entre leur parents aidés d’un gynécologue spécialisé, d’un biologiste et de son équipe, et d’une foule d’autres personnes qui travaillent dans un hôpital. Et c’est à partir de ce moment qu’on est supposé se dire que voilà, les essais bébés au lit, c’est fini, faire l’amour est complètement déconnecté de l’idée de reproduction, on oublie ce que signifie le mot « contraception » puisque de toute façon, ça ne nous concerne plus. En ce qui nous concerne, on ne nous a jamais donné de pourcentage de chance de réussite comme le font certains gynécologues « 10% de chance d’avoir un bébé naturellement », « 2% de chance ». Je ne sais même pas si leurs expressions ont vraiment un sens, si scientifiquement ça veut vraiment dire quelque chose ou si c’est juste une impression de précision qu’ils cherchent à nous donner. Nous on nous a dit « Faire un bébé à vous deux n’est pas impossible. Ca peut arriver demain, dans cinq ans, dans dix ans, jamais. C’est pour ça qu’il vaut mieux être pris en charge ». Que les gens qui arrivent en cours de blog ne se leurrent pas: nous avons des gros gros gros problèmes d’altération du sperme, venant de causes multiples et qui ne se soignent pas. Le biologiste a dit à monsieur Faithful: « Estimez-vous heureux, avec tous les problèmes que vous avez d’avoir encore des spermatozoïdes, dans d’autres cas il aurait fallu congeler d’urgence ». Et bah on n’est pas rendus!

Je vous ai mis une image là parce que ça commence à faire long l'article, et il l'est encore je vous préviens


2. On ne fait pas les bébés en faisant l’amour!

Vous me direz, à quoi ça sert de pouvoir tirer un trait sur l’idée d’une grossesse naturelle? Moi je trouve ça absolument nécessaire, mais c’est mon point de vue bien sûr, pas du tout un jugement de valeur. C’est important pour moi parce que ça m’a permis de retrouver plaisir à faire l’amour (ouais les gens, je suis comme ça moi, je vous parle de ma libido, je ne vous cache rien, ou presque). On a passé plus d’un an avec le mari à concevoir le touktouk comme un acte de reproduction uniquement, qui ne devait avoir que ce but. En tout cas, c’est ce que c’est très rapidement devenu. Ho-rri-beul. Je sais pas comment notre couple a survécu à ça (enfin si, je sais, c’est parce qu’on s’aimeuh trop d’amour bien entendu, mais même comme ça, c’est pas gagné). Ce bébé qu’on n’arrivait pas à faire venir créait beaucoup de tensions, on se sentait responsables. Maintenant on sait que non, ce n’est pas de notre faute. C’est pas de chance, on a comme une maladie anti-bébé, mais dont on n’est pas du tout responsables, voilà, maintenant, on va faire des bébés autrement. Ou peut-être qu’on ne les fera pas du tout, mais qu’importe.
Donc j’ai besoin de me dire que mon bébé ne sera pas qu’une histoire de couple pour pouvoir: arrêter de surveiller ma glaire cervicale du matin au soir, ne pas me sentir obligée de faire l’amour 24h avant l’ovulation, ne pas me poser dix milliards de questions une fois que j’ai ovulé, ne pas courir à la pharmacie acheter un test 5 jours avant la date présumée des règles, bref passer tout mon temps à me surveiller et à penser bébé.Maintenant, je vis vraiment, et si je pense au manque que représente le fait de ne pas être mère, je ne pense plus à longueur de temps à si je suis enceinte et si non comment je pourrais l’être. Fini aussi de pleurer dans les toilettes une fois par mois maintenant. Je ne sais pas si les gens qui ne sont pas passés par là se rendent compte à quel point c’est prenant et usant d’être obsédé par l’idée de faire son bébé soi-même. Je me suis vraiment sentie libérée le jour où je suis allée faire pipi après un rapport sexuel: bah oui, faire pipi juste après,c’est le mal! C’est un génocide de spermatozoides! C’est limite un moyen de contraception (dans ma tête de chercheuse de bébés hein, dans la vraie vie ce n’est pas du tout un moyen de contraception jeune adolescente tombée ici au moyen d’une recherche google et qui ne connait pas bien les mécanismes de la reproduction!). Ce jour-là, je me suis dit ça y est, je n’y crois plus, plus du tout, et c’est bien.


3. Faire le deuil alors, c’est possible?

Et ce jour-là, en utilisant l’expression « du tout, je me la pétais un peu. Ne plus du tout y croire, ce n’est pas exactement ça. C’est ma raison qui sait que c’est fini pour nous ce genre de chose, qui me martèle que nous n’aurons pas d’enfant comme ça. Je me dis que si on avait 5% de chance d’avoir un bébé naturellement, je l’ai grillée avec ma grossesse biochimique, et que maintenant c’est mort pour la vie, mais c’est comme ça.

Ceci dit, ça ne m’empêche pas, parfois d’y croire un peu, d’acheter un test pour vérifier. J’ai des cycles un peu capricieux dirons nous, qui alternent entre 35 et 48 jours en gros, donc c’est pas compliqué de se faire des films. Je lutte, de plus en plus contre cette tendance. Je voudrais pouvoir ne plus du tout espérer. Mais les gens disent « C’est quand on s’y attend le moins », la vie même le dit, c’est vrai que des fois c’est quand on n’y croit plus du tout. Les gens disent aussi « Tout peut arriver, il y a toujours une chance même si elle est très faible », c’est vrai, mais elle est tellement faible justement, j’ai autant de chance d’avoir un bébé naturellement que de mourir dans un attentat en prenant le rer!

J’ai encore du mal à me dire qu’un bébé naturel ne viendra jamais. D’ailleurs je m’en fous, et ça c’est vrai, l’important pour moi c’est d’avoir un enfant, et puis j’ai jamais été vraiment fan de nourriture bio et issue de la nature, je préfère les bonbons, donc c’est pas grave pour moi de devoir passer par l’amp, et j’ai de la chance pour ça. Seulement, je me dis qu’un jour, peut-être, sûrement, par une surprise, j’aurai un bébé qui viendra tout seul, sans qu’on l’ait programmé, sans qu’on ait dû aller trois fois par semaine à l’hôpital, et mettre en place toute une machine de guerre.

Bien sûr, je le répète, c’est une gestion très personnelle du problème que j’expose ici, et je serai ravie d’avoir des témoignages de filles qui voudraient exposer la leur, pourquoi pas même les publier ici si elles le veulent, pourquoi pas même de filles qui ont eu ces miracles de la nature. Je pense que c’est bien de confronter toutes les façons de voir, d’échanger nos points de vue sur un même problème, parce qu’après tout, dans une épreuve comme celle-ci, toutes les voies qui peuvent nous rapprocher de la sérénité ne sont-elles pas les bonnes?
Je voulais aussi exprimer toutes mes réserves quant à l’expression « faire le deuil » qui est bien sûr supposée s’appliquer à des choses bien plus grave que ce qui nous regarde, mais je n’en ai pas trouvé de plus parlante qui puisse exprimer l’idée de faire une croix totalement sur cette grossesse naturelle à laquelle nous avons longtemps consacré tous nos efforts.

Samedi soir, toilette de la salle des fêtes, spottings. Là je me suis dit merde, je m’y attendait pas si tôt, j’ai encore pas acheté mon traitement. Ouais, celui que je dois commencer le premier ou le deuxième jour de mes règles. Relou. J’ai serré le col de l’utérus, et j’ai prié (nan, je déconne) pour tenir le coup comme ça au moins jusqu’au lundi. Et j’ai tenu, jusqu’à aujourd’hui.

Du coup, à partir de demain, on recommence, comme d’habitude quoi, enfin pas tout à fait: je vais pouvoir vous dire si le traitement pour le tec est vraiment plus léger ou non (oui, je sais, ça va vous passionner…), là, c’est mal barré, demain va falloir que je fasse des kilomètres pour aller voir une copine infirmière qui me pique le cul, rien que ça, ça me fait déjà chier voyez-vous.

Je repars sans trop y croire. Bon déjà parce que j’ai du mal à me rendre compte que ça y est, déjà, ça recommence. C’est passé trop vite. Et puis en plus, je me sens pas tout à fait remise. Je pourrais repousser remarquez, mais j’ai pas envie non plus. Déjà, si ça se trouve les bébés congelés vont éclater à la décongélation.

Là, j’ai ma fatigue du lundi soir puissance mille, j’ai pas vraiment les yeux en face des trous, donc je vois un peu tout en noir. Mais croyez pas que je sois triste, ou quoi que ce soit. Je suis contente de repartir, de découvrir, d’essayer quand même. Mais je suis un peu épuisée en ce moment, du coup j’ai peine à penser qu’une personne en aussi mauvais état puisse garder quoi que ce soit dans le bide. Enfin si, des kinders country ok, mais pas plus.

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Samedi soir, on était invités à une pendaison de crémaillère monsieur Faithful et moi, chez une fille qui était à l’école primaire avec lui, et qui accessoirement est CHIANTE COMME LA MORT. Et moi les soirées chiantes, merci et non merci. Alors après avoir passé deux semaines à crier sur tous les toits que j’avais pas envie d’y aller, et que ça me gavait à l’avance, le jour fatal est arrivé. Le problème, c’est que contrairement à moi, le mari aime avoir une vie sociale, il aime être avec des gens, et il dit jamais du mal, allez savoir pourquoi, et ils voulaient absolument qu’on y aille. Bon, à la limite, si c’est pour grailler à l’oeil, moi ça me va.

Donc on arrive à cette crémaillère, un peu à la bourre parce que le mari travaillait tard, tant mieux, c’est toujours ça de pris. J’ai bien fait attention à leur acheter une plante jolie, mais pas trop, pour pas qu’ils nous réinvitent quand même hein.

Alors on arrive, on commence à dire bonjour, mon hôtesse me dit « Ah tu vas voir, y a une autre fille qui s’appelle comme toi! ». Bon, allez déjà, ce genre de réflexion, j’en ai juste rien à foutre, mais passons. Je dis bonjour à la fille en question et là: elle est enceinte. Ok, c’est comme moi, mais avec un bébé dans le bide quoi. Allez allez, je vais faire comme si elle était juste grosse, et je vais pas la calculer du tout du tout. De toute la soirée. Heureusement, y a nos meilleurs amis qui sont là, en plus on les a pas vu depuis un moment, c’est chouette, on va pouvoir dire du mal. Alors on dit du mal. On boit un peu. On redit du mal. On rigole.

Ca passe pas trop vite le temps, heureusement que y a de la salade de riz pleine de vinaigrette, c’est trop bon. Et puis qu’on reste entre nous, comme des sales gens qui veulent pas faire de nouvelles rencontres aussi.

Et là, vers 22h, la maîtresse de maison se met debout dans le salon avec son mari, et commence à se tordre les mains en disant:

Alors on a quelque chose à vous annoncer…

Et merde. Putain de merde. Putain de putain de putain quoi! Et pendant qu’elle commence à faire une looooognue introduction, moi je me dis « Mais mariez vous putain, vous avez acheté un appart, mariez vous avant! » Bah nan, ils vont pas se marier nan.

« Bah voilà, dans quatre mois et demi, bah on va être parents! »

Que vouliez vous que nous fissions? Le mari et moi on s’est regardés, on a éclaté de rire. Il m’a dit:
– Tu veux que je te serve un verre?
– Ouais carrément là!

Et mon verre n’a plus jamais été vide de la soirée. En revanche, mon bide je vous dis pas, mais vous inquiétez pas, je l’ai vidé en rentrant par la porte de la voiture (ouais, pas bien, mais c’est mieux que dedans…)

Alors voilà. Le truc c’est qu’à un moment de la soirée, j’étais méga bourrée, et je taxais des clopes au seul mec drôle (à part nous bien sûr) de la fête: le futur papa. Et que dans mon délire alcoolisé, je les ai invités pour le 28 de ce mois-ci.

Je suis pas une putain de maso sérieux? Et c’est pas une putain de bonne raison de plus jamais toucher un verre d’alcool ça?

Bon, sinon, « On a quelque chose à vous annoncer », c’est un peu devenu notre hymne à la maison, genre au moins dix fois par jour je vais voir mon mari pour lui dire « Et sinon, j’ai quelque chose à t’annoncer ». Et puis on se bidonne comme deux gros cons.

Et sinon les gens, la prochain fois que vous voulez m’annoncer une grossesse, soyez sympa hein, m’invitez pas, envoyez-moi juste un texto!

mais quoieuh! On fait tous des conneries quand on est bourrés!

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Parce que je suis dehors toute la journée, que je rentre trop tard et que j’ai à peine le temps de me changer que je repars dîner dehors parce qu’on est invités… Bah ça ne m’étais pas encore arrivé, et en ce moment c’est le cas.Et avec quel bonheur!

Blogguer c’est bien, en plus j’aime bien être lue, rencontrer des gens cool, toussa toussa. Mais avoir un blog sur un thème particulier, en parler et y réfléchir tout le temps, c’est parfois un peu pesant. Ok je parle pas toujours de ma fiv, mais quand même. En même temps, c’est pas parce que je n’en parle pas que je n’y pense pas.

J’ai l’impression que c’est le début des vacances, à vivre à moitié dehors et ne rentrer chez moi que pour dormir. J’ai l’impression de reprendre des forces morales, ce dont j’avais bien besoin, et qui va m’être plus que nécessaire pour la suite.

Je crois que l’accumulation d’échecs, et l’état d’esprit dans lequel on en ressors, c’est aussi mauvais pour la reproduction que de boire et fumer du matin au soir (non, c’est pas une mauvaise excuse pour boire et fumer du matin au soir ce que je dis. Je vous emmerde.)

Alors je me refais là, et puis si j’ai pas tellement le temps de blogguer (c’est-à-dire écrire, mais aussi lire et commenter chez les autres!) bah tant mieux!

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A faire savoir ce qu’est une fiv, ce qu’est l’amp, ce que c’est que la merde dans laquelle on se retrouve quand on se rend compte que les enfants, ça va être un peu plus compliqué que de faire touktouk au moment de l’ovulation.

A montrer que la fiv, c’est pas la mort, c’est pas horrible, c’est pas insupportable. C’est ne pas pouvoir avoir d’enfants naturellement qui est tout ça. Une fiv, c’est juste une question d’organisation et de sens de l’humour.

Quand j’ai commencé ce blog, je me disais « Pas de jérémiades », pas de « Oh mon dieu, comme la vie est injuste avec moi, c’est horrible, pourquoi est-ce que ce connard de président qui est grand-père va être repère de sa connasse botoxée? ».

Sauf que c’est mon état d’esprit du moment. Sauf que je me lève tous les matins et je me couche tous les soirs en me disant que la vie, c’est quand même une belle saloperie.

Est-ce que le but de ce blog, c’est de me soulager en venant me purger de tout ça ici, en vous faisant subir mes pleurnicheries? Je crois pas, et en même temps, j’ai pas grand chose d’autre à dire en ce moment.

Alors voilà, le rôle de ce blog, c’est aussi de vous dire que non, l’amp, c’est pas non plus un monde de rigolade sans fin non plus, y a des hauts, et y a des bas abyssaux. Mais l’important, c’est de pas fréquenter fond du trou trop longtemps, et de se bouger le cul pour s’en sortir!

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Bah écoutez, étonnement bien je dirais! J’ai fait une dépression nerveuse dimanche, qui a un peu fait paniquer le mari, hier vous m’avez fait me bidonner, et à partir de là ça a été mieux! D’ailleurs, jeudi ou vendredi je vous posterai sûrement mon petit classement tout à fait subjectif des blaguounettes que j’ai préférées tiens, pour me la péter un peu.

Alors demain, prise de sang, et je suis méga serein. Enfin serein c’est pas le mot, parce que je suis impatiente, mais j’ai pas fait de test de grossesse encore (et pourtant ils se vendaient par lot de deux!) parce que le mari m’a dit qu’il voulait pas prendre le risque de nous gâcher la soirée, et qu’il préférait attendre demain matin (pour nous gâcher la journée entière, mouais, pourquoi pas, mais bon je respecte). Et puis aussi un peu parce que j’ai beau me la péter, j’ai un tout petit peu de flatulences liquides là (des métaphoriques, hein, pas des vraies).

Ceci dit, je crois vraiment qu’avec la maniaco-depression que je me suis tapée la semaine dernière, je suis préparée à n’importe quel résultat. Bon, je serai déçue si c’est raté,mais je sais qu’on recommencera, et qu’on y croira de nouveau tant que ce sera pas complètement terminé. On le refera encore et encore tant qu’il le faudra, parce que s’entêter, ça on sait faire. Et puis on a déjà expérimenté deux façons d’avoir un bébé, on expérimentera la troisième s’il le faut.

Voila voila, profitez de me voir souriante comme ça allez, on sait pas si ça durera!

Donc demain matin test de grossesse. Et je vous dirai le résultat quel qu’il soir uniquement quand il aura été confirmé par la prise de sang. J’ai préparé dans ma tête le billet si c’est raté, le billet si c’est réussi, histoire de pas vous bafouiller quelque chose entre deux sanglots.

Et demain, je vois Pétoulette qui me récupèrera telle que je serai alors et qui sera la première à savoir parmi vous!

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