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J’ai changé vous savez. J’ai arrêté de croire que le monde entier m’en voulait et que s’il me balançait des conneries c’était uniquement dans le but de me narguer (prochain billet philosophique à venir très probablement). Des fois les gens disent des trucs cons, c’est juste parce qu’ils savent pas. Juste des fois on te demande des trucs t’es emmerdé.

Genre quand les voisins qu’on connaissait depuis vingt minutes nous on demandé en rigolant (et en exhibant avec ostentation leurs trois magnifiques enfants) « A QUAND LE DEUXIEME ». Pardon je le prends pas mal hein, ils peuvent pas savoir, juste répondre quoi?

a) ça ne vous regarde pas (ce qui n’est pas très gentil, si on se demandait que des trucs qui nous regarde les uns les autres on se parlerait plus trop les uns les autres en fait si on y réfléchit)

b) hihihi, je ne sais pas, bientôt j’espère hihihi (mais c’est niais)

c) Jamais. (ce qui est un mensonge, mais des fois ça a du bon, ça t’expose juste quand t’annonces ta grossesse à « ah mais c’est un accident » que aussi tu pourrais prendre mal)

Le mari a choisit la réponse d). La réponse où je me suis liquéfiée à ses côtés avec un air gêné en me dandinant sur le canapé des voisins et en essayant de lui faire signe que ça finisse:

« En fait j’ai un problème de qualité du sperme, donc on doit faire des fiv pour avoir des enfants, aller à l’hôpital et tout. Ouais celui la on l’a eu par fiv par exemple, c’est long, des fois ça fonctionne pas, mais ça va hein HAHAHAHAHAHA » (Le mari était très détendu.

Pour en finir avec les questions gênantes, le mari a choisi la réponse gênante.

Après les voisins nous on gentiment dit qu’on aurait le deuxième naturellement parce que des fois c’était psychologique BAH JE L’AI BIEN PRIS VOUS VOYEZ.

 

 

Donc ce midi, j’ai decidé que j’allais faire mon test de grossesse et je suis allée à la pharmacie. Je voulais prendre un clearblue digital aka « pas enceinte dans ta gueule dans 99% des cas » et un avec la barre (ouais, celui qu’on démonte pour vérifier à la lumière s’il y a pas une micro-barre. Du coup j’ai pris deux clearblue, parce qu’en plus je suis une putain de vendue:

Faithfullyyours: Bonjour madame, les cleaprout digicon, vous les faites que par deux?

La pharmacienne: Non madame, attendez je vais vous en chercher. Donc vous prenez ces deux-là?

Faithullyyours: Oui.

La pharmacienne: Ah mais attendez, vous préférez pas prendre les deux clearprout digicon? Ils reviennent  moins cher en fait!

Faithfullyyours:

La Pharmacienne:

Faithfullyyours: En fait je vais devoir vous expliquer un truc qui est logique que dans ma tête.

La pharmacienne: Oui bien sûr allez-y (la pharmacienne a apparemment l’habitude de voir des gens bizarres).

Faithfullyyours: En fait je voudrais voir si la barre du test apparait vite ou pas.

La pharmacienne: La barre qui dit si c’est positif? Mais ça veut dire quoi si elle apparait plus vite (la pharmacienne a l’habitude des gens chelou, mais elle commence quand même à trouver ça marrant).

Faithfullyyours: Bah ça veut dire que c’est mieux…

La pharmacienne: Ah Bon. Mieux que quand elle apparait pas vite c’est ça? Très bien alors. Et le deuxième test, c’est pour vérifier le premier?

Faithfullyyours: Oui, et c’est aussi pour vérifier les deux tests que j’ai déjà faits samedi matin et hier soir. Mais la barre est pas apparue très vite alors je voudrais être sûre qu’ils sont vraiment positifs.

La pharmacienne: Pas de problème, ça fera [un chiffre exorbitant] €. Et puis bah bon après-midi alors.

La pharmacienne va avoir des trucs à raconter à ses collègues au moins. Et pour moi c’est positif. Quatre fois. Sans compter le dosage de beta à 337. Putain.

 

J’ai l’impression de marcher dans le désert depuis trois ans et qu’on me tend enfin une chaise pour m’asseoir un peu.

Aujourd’hui, le 18 octobre 2011, ça fait jour pour jour cinq ans que monsieur Faithful m’a roulé notre première gamelle. C’est une bonne date.

Petit Jésus, je crois que je connais quelqu’un au ciel qui t’a un peu botté le fion pour que t’arrête de nous les briser. Tu seras gentil d’aller faire chier quelqu’un d’autre maintenant et de nous foutre la paix.

Et comme je sais que dans l’amp les échecs sont moins difficiles encore à gérer que le bonheur qu’on se prend dans la gueule, j’ai une pensée pour les filles bien plus courageuses que moi, sur les blogs ou non, qui me lisent et qui continuent d’avancer en attendant qu’on leur tende une chaise pour se reposer. C’est un chemin difficile, et pour lequel le mérite ne change rien, il ne faut que de la chance, et aujourd’hui, j’en ai beaucoup.

 

Pourcentage de chance de se faire éclater la chatte dans neuf mois: 80% environ.

Ouais, je sais, aujourd’hui j’aurais dû inviter quelqu’un, c’était prévu mais on était trop fatiguées l’invitée et moi pour gérer ça hier, donc on remet ça à lundi prochain. Mais ça va être cool vous verrez.

Du coup aujourd’hui vous allez vous contenter de moi.

Samedi, j’étais invitée avec d’autres copines blogueuses et twitteuses et les maris de celles qui voulaient bien affronter la horde déchaînées de milf (ou pas) qui étaient conviées. Du coup j’en ai profité pour me mettre à l’aise.

Avec le mari de Greenwitch, on est allés tous les deux s’enfermer dans les toilettes du restaurant Les 400 coups. Pour info, aux 400 coups, quand les serveurs vous voient rentrer dans des toilettes avec un mec, ça les choque pas plus que ça, personne n’a même hissé un sourcil. Ouais au 400 coups apparemment on peut même faire ses enfants.

Et si les serveurs avaient écouté à la porte, ils auraient même pu entendre:

– Attends, te déshabille pas tout de suite, tu vas prendre froid le temps que ça monte!

Bon, ok. Donc voilà, le mari de Greenwitch qui est médecin, a eu la gentillesse de me faire ma deuxième piqûre intra-musculaire  de progestérone, le produit qui est super épais et qui met grave du temps à monter dans la seringue.

Bon, sinon cool les gens pour demain? Moi ça va jusqu’ici.

Y a des bouquins que j’assume pas complètement d’acheter. Genre celui-là. Genre qu’à la fnac je faisais trop pas ma fière, et je l’ai pas promené des heures dans le magasin, et même qu’à la caisse je l’ai un peu caché. Ouais et sinon j’assume pas de pas assumer aussi, je suis bien comme fille. Mais sérieux, j’ai l’impression que tout le monde a les yeux braqués sur moi et pense « oh, la pauvre, elle est stérile, elle fait des fiv ». Du coup voilà, c’est pour leur bien aussi, je veux pas éveiller leur tristesse.

Mais quand même, j’ai acheté Un Enfant… enfin, je vais enfin pouvoir faire un VRAI vendredi intello avec un vrai livre.

Ce bouquin, il a été écrit par Le Pr René Frydman. Oauis tu peux l’appeler Dieu si tu veux. C’est lui qui a permis la naissance du premier bébé éprouvette à l’hôpital Béclère, à Clamart, où il travaille toujours.

Bon, je sais pas s’il a vraiment écrit beaucoup de mots là-dedans, parce qu’ils s’y sont foutu à trois pour le faire leur foutu bouquin, il y a aussi le Pr Nelly Frydman, et le Dr Muriel Flis-Trêves qui est psychiatre et psychanalyste.  Alors déjà, ce que j’ai bien aimé, c’est que le bouquin fonctionne par fiches qui sont réparties en trois parties:

– Du désir d’enfant à l’AMP

– L’Assistance Médiale à la procréation

– Questions autour de l’Assistance Médicale à la Procréation

Du coup, comme c’est des fiches, t’es pas obligé de te cogner la lecture de tout ce en quoi consiste les examens pour déterminer l’origine de ta stérilité si tu les as déjà fait par exemple. Et puis tu peux aller direct à ce qui t »intéresse. Par exemple, moi j’ai décidé d’aller direct à la fiche « la congélation des embryons ». Bon, évidemment, je me suis dit que j’allais le regretter, et je l’ai regretté quand j’ai lu que les chances d’implantations d’un embryon congelé sont d’environ 8% (mais je m’en fous, à Sèvres ils vont bientôt passer à la vitrification des embryons, ouais j’ai demandé hier). Le livre m’a aussi permis derépondre à la question qu’on se posait avec Mme Déjantée: Mais comment qu’on décongèle les bébés congelés??? Alors voilà la réponse:

La décongélation suit un procédé simple: les embryons sont placés à température ambiante durant quelques secondes, puis à 37° dans un bain-marie. La survie embryonnaire est appréciée par le nombre de cellules restées intactes dans l’embryon divisé par le nombre de cellule comptabilisé avant la congélation [oui, je n’ai rien compris à ces derniers mots, le mot « division », c’est un peu ma cryptonite, mettez-le moi dans un phrase et j’arrête de comprendre]. Lorsque 50% des cellules sont intactes, on considère que la décongélation s’est produite avec succès.

Perso, je me dis toujours que je connais tout sur tout en AMP, et que j’ai plus rien à apprendre. Ouais je suis prétentieuse, c’est ça en fait. Mais ce livre détaille tellement chaque étape de chaque technique, que franchement, c’est difficile de ne pas apprendre de nouvelles choses.

Il met aussi un point d’honneur à apporter un éclairage psychologique dont vous allez pouvoir apprécier toute la valeur:

De nombreuses femmes se considèrent « enceintes » dès le transfert d’embryons. Elles envisagent ce moment comme celui où, enfin, elles se sentent « mères ». Cette impression rend la période d’attente très inconfortable psychiquement. Doit-elle pour encourager la survenue d’une grossesse rester dans la perspective qu’elle sera bientôt « mère » ou au contraire repousser l’idée que cela puisse arriver afin de ne pas être déçue en cas d’échec?

J’ai envie de dire merci. Merci d’utiliser des guillemets à tort et à travers sans qu’on sache pourquoi. Merci de reposer des questions que je me pose déjà. J’envisage d’écrire un livre de psychologie pour dire: « Avoir le nez bouché ça empêche de dormir » ou « Avoir mal à la tête, c’est quand même gênant ».

Bon, ceci mis à part, c’est la première fois que je suis emballée par un livre sur l’AMP. La dernière partie qui pose des questions aborde vraiment des sujets très variés, de la reflexion sur le don (de gamètes, de sperme, d’ovocyte, d’embryons…) à la maternité qu’elle se réalise ou pas à l’issu des tentatives, en passant par l’accord entre ces techniques et la foi (pour ceux qui l’ont, moi j’ai pas lu cette page bien entendu, ahahaha).

Le petit plus du geek:

Dans le livre, vous avez aussi des petits codes à flasher avec votre téléphone qui vous renvoie vers des video ou je en sais quoi. Bon, moi j’ai plus de téléphone, je suis pas morte de pas avoir vu ces trucs, mais ça peut-être sympa.

 

Pour résumer, je dirais que si vous voulez un livre qui vous détaille bien toutes les étapes, qui vous refasse un rapide historique des techniques, et qui réponde aux questions qu’on se pose comme « sur quels critères les embryons sont-ils séléctionnés » ou « qu’est-ce que la culture inra-vaginale » (ouais, j’ai découvert ce truc, ça m’a un peu fait rêver je dois avouer, mais ça se pratique pas à mon hôpital je crois)

Ceci est ma participation aux vendredis intellos de Mme Déjantée

 

Le labo nous avait dit qu’ils nous appelleraient dans la matinée s’il y avait un problème avec la décongélation des embryons. Et ce matin, vers 10h, le téléphone sonne, et s’arrête avant que le mari ait pu courir jusqu’à lui. On se regarde, je lui dis vas-y, rappelle le labo, et je l’entends:

– Oui bonjour, on vient de recevoir un appel, on voulait savoir s’il venait du laboratoire… Oui… Oui… Non mais on est un peu fébriles vous comprenez… Oui… Très bien j’attends… Hum… Hum… Merci, au revoir.

Autant vous dire que j’ai flippé. Et là le mari m’a dit que la décongélation s’était bien passée. Cool.

Tout va bien, j’ai récupéré deux embryons à quatre cellules et maintenant j’attends jusqu’au mardi 18 pour avoir le résultat. Je suis cool.

Mme Déjantée a dit une fois dans un billet que quand on a une intervention médicale sur une partie du corps, c’était comme si dans le cerveau une case se créait qui nous permettait de ressentir tout ce qui se passait dans cette partie encore plus précisément, et c’est ce qui m’arrive avec mon utérus. C’est ce qui m’a mené la dernière fois à être tellement stressée et concentrée sur mon utérus que je pouvais le sentir se crisper et se contracter. J’avais l’impression de respirer, ou plutôt de ne pas respirer avec mon utérus. Pour ce TEC, j’ai décidé d’effacer la case utérus, de me concentrer sur autre chose, et de me remettre à respirer par le ventre.

C’est tellement puissant ce que je vous dis, je pourrais devenir coach en fertilité. Ca fera 150€ merci.

Alors on y est. A l’heure où vous lirez ces mots, je serai normalement en train de me préparer à aller me faire remplir le fondement mes bébés congelés. Ou en train de chialer ma race parce que les bébés congelés ne sont plus.

Je me dois quand même de vous faire un petit bilan du traitement du TEC qui s’est composé jusqu’à maintenant:
– d’une piqûre intramusculaire de decapeptyl
– d’un seul contrôle par bilan sanguin et échographie
– de je ne sais combien de comprimés de progynova
– d’estima gé.

Est-ce que le traitement est plus léger pour un TEC?
Alors déjà, à partir de la piqûre de decapeptyl, je me suis payé des putains de bouffée de chaleur, alternées avec des moments d’intense froidure, qui ont entraîné des insomnies. Nase. Mais tout s’est terminé quand j’ai attaqué le progynova.

Sinon depuis quelques jours, je ne sais pas si c’est le progynova ou le stress mais je suis… irritable. En fait, irritable, c’est même une putain de litote. Je suis sur les nerfs. Je ne supporte rien. au travail, quand on ne m’écoute pas (c’est-à-dire souvent), j’ai envie de balancer des dossiers et des classeurs dans la tête des gens, ou de frapper les gens à coup de bureau. VRAIMENT. Je n’exagère pas. Alors comme j’ai pas envie de passer pour la folle de service et d’être suspendue pour raisons psychiatriques, rassurez-vous, je prends sur moi. Mais je suis très vite très énervée. Et ça me fait un bien fou de crier sur les gens aussi. Ouais, je suis super sympa en ce moment.

Bon, évidemment, je sens la pression montée. Déjà, à cause de cette histoire de décongélation. Depuis le mois d’avril, je me suis attachée à mes bébés congelés. Bon, déjà, si j’étais moins con, j’arrêterais de les appeler mes bébés vous me direz. Oui mais non, parce que je les aime bien maintenant.
C’est horrible, cette vie qui a commencé hors de moi, s’il se passe quoi que ce soit, je pourrai même pas dire que j’ai fait une fausse couche. Ca me soule. Ah nan, merde, j’étais zen, j’écrivais ce billet pour me détendre au début. Putain.

Bon, donc je disais, ça va sinon, je me mets pas trop la pression (Mwahahahaha). Déjà cette fois-ci, je l’ai fait sans filet: pas d’acupuncture. Ca me fatiguait, j’avais pas besoin de ça pour chambouler ma vie en plus de la rentrée. Et puis j’ai decidé de me faire confiance, et de me dire que mon fucking body n’est pas seulement un corps de rêve, c’est aussi un corps capable de recevoir la vie. Bordel de dieu. Ouais j’ai pas mangé de légumes, et alors, y a des tas de gens qui fument et qui boivent et qui mangent que des frites et qui ont des enfants rien qu’en s’asseyant au bord du lit, voilà. Donc moi j’en suis capable.
Résultat: tous les soirs, j’essaye de faire tête une toute petite petite petite voix dans ma tête qui me dit « Oh putain mais cte mauvaise futur mère! Elle a pas mangé ses légumes et elle a pas fait d’acupuncture! Ah mais elle mérite pas d’enfants! »

Alors petite voix, je voulais te dire que
1) je t’emmerde
2) il y a des tas de gens qui ne méritent pas d’avoir d’enfant et qui en ont une chiée
3) j’en suis capable et je te re-emmerde.

En général avant chaque transfert, je décide de ranger ma maison à fond. Bon, premièrement parce que vous savez bien que j’ai peur que ce soit à cause de ma tendance bordélique que le petit Jésus ne veuille pas m’envoyer de mouflet. En plus parce qu’après le TEC, en général, j’ai l’impression d’être un oeuf dans un sac à main, et que le moindre truc peut stopper net mes aspirations à la maternité. Par exemple le ménage.

Or, hier, en rangeant ma chambre (parce que allez savoir pourquoi c’est la pièce la plus flippante de la maison question bordel) (enfin, en même temps, c’est la seule dans laquelle on peut décemment interdire aux gens d’aller, comme ça on peut y cacher le bordel de toute la maison), j’ai voulu ranger des trucs dans le premier tiroir de ma table de nuit. Il s’agissait de plaquettes d’estima gé, aussi appelée « ovule chattale de progestérone qui coule sa mère à se demander s’il en reste dedans ». Et en fait j’ai retrouvé des trucs trop lolant:

Alors vous pouvez apercevoir en hautdes plaquettes d’estima gé, un test de grossesse négatif, un thermometre qui a servi à pourrir ma vie sexuelle prendre ma température rectale pour faire mes courbes, et une plaquette de pilule terminée. La plaquette de pilule c’est quand même so vintage et old fashion, c’est carrément le seul truc sur cette photo auquel j’aurai juste plus jamais affaire de ma vie.

En résumé, sur cette photo vous avez donc:

– un truc qui est rentré et sorti (dieu merci) de mon cul,

– un truc sur lequel j’ai pissé,

– des trucs qui vont rentrer dans ma chatte.

Putain je vous gâte c’est fou.

Du sérieux et du lourd chez moi aujourd’hui, finit de rire et de parler de glaire et de règle!
En recherchant sur internet, je me suis rendu compte que cette expression de « faire le deuil de la grossesse naturelle » que je croyais très courante en AMP ne l’était finalement pas tellement. Dans les uns ou deux livres sur la fiv que j’ai lus (et que je n’ai pas finis parce qu’ils ne me plaisaient pas plus que ça d’ailleurs), il en était très peu question. Du coup, mon article d’aujourd’hui n’est pas du tout à prendre comme un truc psychologique, c’est juste un compte-rendu de mon expérience (genre la meuf quoi) et de mes impressions.


1. Arrêter de croire au bébé couette

Un jour on décide de faire un bébé. On essaye d’abord en se disant qu’on ne se prendra pas la tête, mais on y pense quand même tout le temps. Et puis on essaye longtemps. Plus longtemps que les copines, plus longtemps que tout le monde. Ca devient une obsession: l’obsession de la culotte et de ce qui se passe dedans, l’obsession de la température et de la courbe le matin, l’obsession des touktouk programmés avec dispute si le conjoint a le malheur d’être fatigué, obsession de « si je vais aux toilettes maintenant tout va couler, faut que je reste allongée une heure au moins ». Et un jour, on reçoit le courrier, on va voir le médecin, celui qui annonce que c’est mort. Que les chances d’avoir un bébé naturellement sont beaucoup trop faibles pour qu’on puisse s’en contenter. Il y a des gens à qui ça fait l’effet d’une douche froide. Il y a des gens qui entendent cette phrase résonner dans leur tête du matin au soir. Moi je m’y attendais. J’ai toujours plus dur de devoir attendre sans savoir pourquoi ça ne marchait pas, et d’espérer en vain, que de trouver enfin la source du problème. C’est personnel comme démarche de toute façon, plus encore, c’est même intime.

Et c’est à partir de ce moment qu’on remet en cause tout ce en quoi on avait cru, comme le fait que les bébés sont le fruit d’un très grand amour entre un homme et une femme. Bah nan, les bébés sont aussi le fruit d’un très grand amour entre leur parents aidés d’un gynécologue spécialisé, d’un biologiste et de son équipe, et d’une foule d’autres personnes qui travaillent dans un hôpital. Et c’est à partir de ce moment qu’on est supposé se dire que voilà, les essais bébés au lit, c’est fini, faire l’amour est complètement déconnecté de l’idée de reproduction, on oublie ce que signifie le mot « contraception » puisque de toute façon, ça ne nous concerne plus. En ce qui nous concerne, on ne nous a jamais donné de pourcentage de chance de réussite comme le font certains gynécologues « 10% de chance d’avoir un bébé naturellement », « 2% de chance ». Je ne sais même pas si leurs expressions ont vraiment un sens, si scientifiquement ça veut vraiment dire quelque chose ou si c’est juste une impression de précision qu’ils cherchent à nous donner. Nous on nous a dit « Faire un bébé à vous deux n’est pas impossible. Ca peut arriver demain, dans cinq ans, dans dix ans, jamais. C’est pour ça qu’il vaut mieux être pris en charge ». Que les gens qui arrivent en cours de blog ne se leurrent pas: nous avons des gros gros gros problèmes d’altération du sperme, venant de causes multiples et qui ne se soignent pas. Le biologiste a dit à monsieur Faithful: « Estimez-vous heureux, avec tous les problèmes que vous avez d’avoir encore des spermatozoïdes, dans d’autres cas il aurait fallu congeler d’urgence ». Et bah on n’est pas rendus!

Je vous ai mis une image là parce que ça commence à faire long l'article, et il l'est encore je vous préviens


2. On ne fait pas les bébés en faisant l’amour!

Vous me direz, à quoi ça sert de pouvoir tirer un trait sur l’idée d’une grossesse naturelle? Moi je trouve ça absolument nécessaire, mais c’est mon point de vue bien sûr, pas du tout un jugement de valeur. C’est important pour moi parce que ça m’a permis de retrouver plaisir à faire l’amour (ouais les gens, je suis comme ça moi, je vous parle de ma libido, je ne vous cache rien, ou presque). On a passé plus d’un an avec le mari à concevoir le touktouk comme un acte de reproduction uniquement, qui ne devait avoir que ce but. En tout cas, c’est ce que c’est très rapidement devenu. Ho-rri-beul. Je sais pas comment notre couple a survécu à ça (enfin si, je sais, c’est parce qu’on s’aimeuh trop d’amour bien entendu, mais même comme ça, c’est pas gagné). Ce bébé qu’on n’arrivait pas à faire venir créait beaucoup de tensions, on se sentait responsables. Maintenant on sait que non, ce n’est pas de notre faute. C’est pas de chance, on a comme une maladie anti-bébé, mais dont on n’est pas du tout responsables, voilà, maintenant, on va faire des bébés autrement. Ou peut-être qu’on ne les fera pas du tout, mais qu’importe.
Donc j’ai besoin de me dire que mon bébé ne sera pas qu’une histoire de couple pour pouvoir: arrêter de surveiller ma glaire cervicale du matin au soir, ne pas me sentir obligée de faire l’amour 24h avant l’ovulation, ne pas me poser dix milliards de questions une fois que j’ai ovulé, ne pas courir à la pharmacie acheter un test 5 jours avant la date présumée des règles, bref passer tout mon temps à me surveiller et à penser bébé.Maintenant, je vis vraiment, et si je pense au manque que représente le fait de ne pas être mère, je ne pense plus à longueur de temps à si je suis enceinte et si non comment je pourrais l’être. Fini aussi de pleurer dans les toilettes une fois par mois maintenant. Je ne sais pas si les gens qui ne sont pas passés par là se rendent compte à quel point c’est prenant et usant d’être obsédé par l’idée de faire son bébé soi-même. Je me suis vraiment sentie libérée le jour où je suis allée faire pipi après un rapport sexuel: bah oui, faire pipi juste après,c’est le mal! C’est un génocide de spermatozoides! C’est limite un moyen de contraception (dans ma tête de chercheuse de bébés hein, dans la vraie vie ce n’est pas du tout un moyen de contraception jeune adolescente tombée ici au moyen d’une recherche google et qui ne connait pas bien les mécanismes de la reproduction!). Ce jour-là, je me suis dit ça y est, je n’y crois plus, plus du tout, et c’est bien.


3. Faire le deuil alors, c’est possible?

Et ce jour-là, en utilisant l’expression « du tout, je me la pétais un peu. Ne plus du tout y croire, ce n’est pas exactement ça. C’est ma raison qui sait que c’est fini pour nous ce genre de chose, qui me martèle que nous n’aurons pas d’enfant comme ça. Je me dis que si on avait 5% de chance d’avoir un bébé naturellement, je l’ai grillée avec ma grossesse biochimique, et que maintenant c’est mort pour la vie, mais c’est comme ça.

Ceci dit, ça ne m’empêche pas, parfois d’y croire un peu, d’acheter un test pour vérifier. J’ai des cycles un peu capricieux dirons nous, qui alternent entre 35 et 48 jours en gros, donc c’est pas compliqué de se faire des films. Je lutte, de plus en plus contre cette tendance. Je voudrais pouvoir ne plus du tout espérer. Mais les gens disent « C’est quand on s’y attend le moins », la vie même le dit, c’est vrai que des fois c’est quand on n’y croit plus du tout. Les gens disent aussi « Tout peut arriver, il y a toujours une chance même si elle est très faible », c’est vrai, mais elle est tellement faible justement, j’ai autant de chance d’avoir un bébé naturellement que de mourir dans un attentat en prenant le rer!

J’ai encore du mal à me dire qu’un bébé naturel ne viendra jamais. D’ailleurs je m’en fous, et ça c’est vrai, l’important pour moi c’est d’avoir un enfant, et puis j’ai jamais été vraiment fan de nourriture bio et issue de la nature, je préfère les bonbons, donc c’est pas grave pour moi de devoir passer par l’amp, et j’ai de la chance pour ça. Seulement, je me dis qu’un jour, peut-être, sûrement, par une surprise, j’aurai un bébé qui viendra tout seul, sans qu’on l’ait programmé, sans qu’on ait dû aller trois fois par semaine à l’hôpital, et mettre en place toute une machine de guerre.

Bien sûr, je le répète, c’est une gestion très personnelle du problème que j’expose ici, et je serai ravie d’avoir des témoignages de filles qui voudraient exposer la leur, pourquoi pas même les publier ici si elles le veulent, pourquoi pas même de filles qui ont eu ces miracles de la nature. Je pense que c’est bien de confronter toutes les façons de voir, d’échanger nos points de vue sur un même problème, parce qu’après tout, dans une épreuve comme celle-ci, toutes les voies qui peuvent nous rapprocher de la sérénité ne sont-elles pas les bonnes?
Je voulais aussi exprimer toutes mes réserves quant à l’expression « faire le deuil » qui est bien sûr supposée s’appliquer à des choses bien plus grave que ce qui nous regarde, mais je n’en ai pas trouvé de plus parlante qui puisse exprimer l’idée de faire une croix totalement sur cette grossesse naturelle à laquelle nous avons longtemps consacré tous nos efforts.

Et ouais, ce matin, prise de sang les copains! Et à partir d’aujourd’hui, l’hôpital devient le lieu que je fréquente le plus, the place-to-be. Merci d’ailleurs à celles qui ont répondu présent à mon appel deséspéré et qui était là ce matin sur twitter pour m’empêcher de déceder d’ennui dans la salle d’attente méga glauqe de l’hosto où je crois que ce matin, je suis devenue la garce qui gruge les gens (alors que je travaille même pas après), mais j’ai pas fait exprès, alors ça compte pas. Et puis la dernière fois c’était moi qui me faisais niquer.

Résultat: tout se passe bien sur le front de l’utérus, enfin, on imagine, puisque qu’on n’a pas fait d’échographie aujourd’hui. J’y retourne vendredi matin pour une nouvelle prise de sang et une écho cette fois-ci pour voir la taille de mes follicules (vous savez les ovocytes en devenir) et s »ils sont prêt à être pompés. Ensuite,  j’y retourne lundi pour regarder tout ça de nouveau.
Ca veut dire que ça se rapproche là les gens, faut prévoir ponction entre mercredi et vendredi prochain.

Pour faire un bilan provisoire de ce traitement, je l’ai pas vu passer, et franchement, je trouve ça tant mieux. L’expression qui définirait le mieux ce traitement est: à l’arrache. Je faisais mes piqûres à l’heure où ça tombait en essayant de garder grosso merdo une fourchette entre 18h45 et 23h (oui mais j’étais en train de regarder Shoa ce soir-là, et hypnotisée par la misère du monde, j’en ai oublié que je devais me piquer, voila).

Les piqûres m’ont fait chier à mort ce coup-ci, je sais pas pourquoi. Je les faisais sans réfléchir, et en même temps, j’appréhendais plus l’impact aiguille-gras du bide qu’avant, du coup, ça faisait mal, du coup, je me suis fait deux putain de bleus dé-gueu-lasses, alors que pour le premier traitement j’étais méga balaise en piqûre. Mais bon, tout va à vau-l’eau, y compris ma capacité à m’auto-injecter.
Si cette fois ça rate,  je pense que même si c’est long, on attendra jusqu’à septembre prochain pour retenter la fiv 3 (l’angoisse, quoi, la fiv de l’avant-dernière chance, ça pue du cul)

Sinon, j’ai failli oublier de téléphoner à l’hôpital cet après-midi, parce que j’étais en train de garder ma nièce (vous voyez les étoiles dans mes yeux quand j’écris son nom? Non? Bah vous ratez quelque chose) et que je sais pas si vous le saviez, mais les gamins de quinze mois quand on les regarde pas, ils trouvent toujours le moyen de:
– renverser de l’eau sur le tapis neuf et se mettre à plat ventre dedans
– vider la bibliothèque pour pouvoir se mettre debout dessus et jouer avec la poignée de la porte
Mais bon, croyez pas que ça m’a découragé d’avoir des gamins, il m’en faut plus que ça avec ce que je vois tous les jours.

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Je souffle depuis hier, parce que j’ai ENFIN reçu les résultats de mon prélèvement vaginal, et que tout est ok. TOUT EST OK! L’hôpital est même parvenu à venir à bout de mon streptocoque B, dont ‘étais porteuse saine depuis deux ans, à grands coups d’antibiotiques à prendre par voie chattale tous les soirs lors de mon premier traitement FIV.

C’était ma première gyneco qui l’avait trouvé celui-là.

Mon ancienne gyneco, elle avait demandé que je vienne la voir trois mois avant le début des essais bébés. Elle m’a prescrit de l’acide folique, et une batterie d’examens.

Mon ancienne gyneco m’a fait remarqué que je n’étais pas vaccinée contre la coqueluche et m’a conseillé de le faire avant de commencer à essayer. Sauf que j’en avais rien à foutre (nan mais sérieux, toutes les filles qui ont des enfants ici on refait tous leurs vaccins avant?). Trois mois plus tard elle m’a regardé comme une irresponsable à cause de ça.

Mon ancienne gyneco, je lui ai dit que j’avais des cycles longs. Elle m’a collé sous utrogestan au lieu de laisser la nature faire sans vérifier si j’ovulais ou pas): premier cycle sous utro: 28 jours, deuxième cycle: 26 jours, troisième cycle: 22 jours. « Ah, bah vous allez arrêter l’utrogestant alors… » Ouais, et plus cite que ça même!

Mon ancienne gyneco,  quand au bout de cinq mois je n’étais toujours pas enceinte, elle m’a dit que ce n’était pas normal et elle m’a demandé de faire un bilan hormonal. C’est à ce moment là que j’ai décidé de changer.

Mon ancienne gyneco, elle me faisait un frottis chaque fois que j’allais la voir. Donc tous les trois mois pour mon renouvellement de pilule, ou d’acide folique. Donc forcément, à force de chercher, elle trouvait. Elle a trouvé le streptocoque B. Elle a essayé de le soigner en me disant que ça pouvait être dangereux, et puis finalement elle m’a dit qu’on ne pouvait pas le faire partir parce que j’étais porteuse saine, que du coup c’était pas grave.

Mon ancienne gyneco, sérieux, je lui pisse à la raie. Je déteste qu’on surmédicalise tout, alors là j’étais gâtée.  Alors je sais bien que je ne suis pas médecin mais je crois que ces dernières années, j’en ai fréquenté assez pour pouvoir vous faire part de mon expérience:

* La Visite préconceptionnelle:

– Ca peut -être sympathoche de faire une visite pré-conceptionnelle, faire un bilan toxo-rubéole-connerie. C’est à vous de voir, mais c’est pas une obligation a priori. Vous pourrez toujours le faire quand vous serez enceinte, mais c’est vrai qu’avant vous êtes peut-être plus tranquille.

– L’acide folique doit être pris au moins 4 semaines avant la conception, c’est même écrit dans la boîte. Ca sert à la bonne formation du tube  neural ou je ne sais quoi. Alors d’une, les gynecos qui prescrivent ça quand on est enceinte de trois semaines, ça me fait doucement rigoler, parce techniquement, c’est trop tard. De deux, tous les gyneco n’en prescrivent pas, partant du principe que s’il n’y a pas d’antécédents de malformations dans votre famille, faut quand même faire confiance à la nature bordel de merde! Moi j’aurais tendance à penser comme eux, mais là, avec la fiv, la nature on essaye juste un peu de la lui coller à l’envers, du coup je me suis remise à prendre mon acide folique bien sagement. De trois, on trouve de l’acide folique dans le chou et les épinards, si à l’inverse de moi vous ne vous nourrissez pas que de pitchs et de pancakes au nutella, il y a des chances que vos besoins journaliers soient couverts alors bon, faudrait arrêter de faire chier son monde. Voila voila.

* L’infertilité

Ah! Là, je suis quand même sur mon terrain!

-Première chose: au bout de cinq ou six mois, vous n’êtes pas encore face à un problème d’infertilité! C’est la vie c’est tout! Les bébés ne se font pas en claquant des doigts même quand on a aucune problème! Au bout de neuf-huit mois, vous pouvez commencer à stresser, et encore! Mais sachez que la plupart des gyneco préconisent au moins un an d’essais infructueux, parfois un an et demi avant d’accepter de faire un bilan de stérilité.

– Commencez par voir votre gynecologue de ville. Vous vous rendrez rapidement compte qu’il y a de grandes chances pour qu’il n’y connaisse rien ou pas grand chose en infertilité, ce qui ne l’empêche pas d’être sympa (sinon changez, moi je ne supporte pas les médecins pas sympa, et cette personne va quand même être appelée à vous farfouiller la caverne, alors ça vaut le coup de pas tomber sur un connard) et d’en savoir toujours plus que vous et doctissimo réunis! C’est lui qui vous réorientera si besoin est vers un gynecologue plus spécialisé.

– Comme les gynecologues de ville restent pleins de préjugés misogynes, il y a 75% de chances je dirais pour qu’il vous demande d’abord à vous madame de faire des examens (alors qu’on ne peut pas nier une augmentation impressionnante des cas d’infertilité d’origine masculine de nos jours). En même temps faut pas lui en vouloir, c’est vous qui vous présentez, souvent seule. Mais il doit vous faire revenir avec votre conjoint, pour lui faire faire un spermogramme, sinon, le mec c’est un mickey. Même si les examens de madame montrent un dysfonctionnement, il n’est pas exclu que monsieur ait un problème aussi (et ouais, des fois la vie est dégueulasse, et on a droi à la complète, oeuf-jambon-fromage), et la prise en charge ne sera peut-être pas la même.

– Si tout va bien, bah tant mieux pour vous. Ou tant pis je sais pas, au bout d’un an d’infertilité, j’étais contente qu’on trouve la source du problème pour pouvoir le régler (ou pas), j’aurais pas aimé qu’on nous renvoie chez nous en nous disant « tout va bien ». Mais ça c’est personnel, chacun voit midi à sa porte comme dirait ma mère.

* Quelques personnes bien plus intelligentes que moi

Parce que oui oui, ça existe:

– Pour le cas des problèmes d’infertilité, c’est par ici: lisez le avant de stresser, cet article fait beaucoup de bien et permet de relativiser pas mal de choses!

– Pour le choix de son gyneco d’une façon générale, c’est chez Dariamarx que ça se passe, et c’est tellement vrai…

Faites en sorte d'avoir confiance en la personne qui va vous faire faire l'amour à ce truc...

Je vous rappelle aussi que ce que je dis dans cet article, ce sont des conseils tirés de mon expérience, hein, je ne suis pas médecin, donc ayez confiance en n’importe quel docteur plutôt qu’en moi! Et rappelez-vous que cet article est écrit par une fille qui a ses règles depuis deux mois et qui préfère s’en plaindre sur internet que d’appeler l’hôpital…

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