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J’ai changé vous savez. J’ai arrêté de croire que le monde entier m’en voulait et que s’il me balançait des conneries c’était uniquement dans le but de me narguer (prochain billet philosophique à venir très probablement). Des fois les gens disent des trucs cons, c’est juste parce qu’ils savent pas. Juste des fois on te demande des trucs t’es emmerdé.

Genre quand les voisins qu’on connaissait depuis vingt minutes nous on demandé en rigolant (et en exhibant avec ostentation leurs trois magnifiques enfants) « A QUAND LE DEUXIEME ». Pardon je le prends pas mal hein, ils peuvent pas savoir, juste répondre quoi?

a) ça ne vous regarde pas (ce qui n’est pas très gentil, si on se demandait que des trucs qui nous regarde les uns les autres on se parlerait plus trop les uns les autres en fait si on y réfléchit)

b) hihihi, je ne sais pas, bientôt j’espère hihihi (mais c’est niais)

c) Jamais. (ce qui est un mensonge, mais des fois ça a du bon, ça t’expose juste quand t’annonces ta grossesse à « ah mais c’est un accident » que aussi tu pourrais prendre mal)

Le mari a choisit la réponse d). La réponse où je me suis liquéfiée à ses côtés avec un air gêné en me dandinant sur le canapé des voisins et en essayant de lui faire signe que ça finisse:

« En fait j’ai un problème de qualité du sperme, donc on doit faire des fiv pour avoir des enfants, aller à l’hôpital et tout. Ouais celui la on l’a eu par fiv par exemple, c’est long, des fois ça fonctionne pas, mais ça va hein HAHAHAHAHAHA » (Le mari était très détendu.

Pour en finir avec les questions gênantes, le mari a choisi la réponse gênante.

Après les voisins nous on gentiment dit qu’on aurait le deuxième naturellement parce que des fois c’était psychologique BAH JE L’AI BIEN PRIS VOUS VOYEZ.

 

 

Je vous aurais bien raconté que depuis jeudi dernier, je ne suis allée faire caca que deux fois parce que j’ai peur de perdre mes enfants décongelés dans le siphon, ou alors que j’ai mystérieusement un bouton type bouton de moustique sur le cul et un à l’intérieur de la cuisse alors que je ne dors ni ne me promène toute nue, et que comme je n’ai aucune idée de là où ça vient, l’idée saugrenue a germé en moi que c’était peut-être un symptôme de grossesse. Ahahaha. Je suis drôle. En même temps, vu que j’ai toujours pas mal aux nibards, je me raccroche un peu à tout ce que je peux. Et puis bon, je m’en fous au fond, je continue de me dire que si ça marche c’est bien (en fait c’est plus que bien, c’est génial, c’est incroyable, c’est au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer), sinon on recommencera et voilà.

Je vous dirais bien tout ça donc, mais j’ai pas tellement le temps de vous parler de ça aujourd’hui puisque je laisse la place à quelqu’un que j’aime et qui a bien voulu répondre à mes questions: mon mari.

–          Comment tu croyais qu’on faisait des enfants avant ?

Ben on fait touc touc et après la femme par l’apparition du saint esprit tombe enceinte. Ainsi je pensais que l’on faisait les bébés que de la manière naturelle.

–          Qu’as-tu pensé pendant les un an d’attente où on a attendu comme des connards pour rien en pensant qu’on était trop des gens normaux ?

Bah on avait et on a toujours raison d’espérer la preuve ça a faillit marcher une fois. En fait je n’y pensais pas du tout.

–          A quel moment est-ce que tu as commencé à te dire « on y arrivera peut-être pas tout seuls » ?

Le résultat du premier spermogramme (optimiste à fond ;)).

–          Que savais-tu de l’aide médicale à la procréation avant ? Quels étaient tes a priori ?

Rien du tout. Quelque part je voulais pas y réfléchir car cela me gênait.

–          Tu pensais quoi en te rendant chez le gyneco pour la lecture des résultats des analyses ?

Au fond de moi je pensais pas que c’était aussi grave que ça allait être aussi difficile je pensais qu’elle allais nous dire qu’il y a une solution (la fiv est une solution mais bon ).

–          Tu pensais quoi en sortait de chez le gyneco après le rendez-vous ?

–          J’étais anéanti émasculé (nan c’est Emmanuel mais bon) [N.D.L.R: Je ne cautionne en aucun cas cette blague pourrie] car je ne suis pas un homme qui peut donner la vie (enfin sauf par miracle) donc c’est pas très top pour la virilité.

–          On ressent quoi quand on apprend qu’on est unique ?

Premièrement on en veut un peut à la vie car s’il y a bien quelque chose que je voudrais changer c’est bien cela, mais après on apprend à relativiser à ce dire qu’il y a toujours pire que soi et qu’il y aura toujours une solution.

–          Finalement, la fiv ça t’as appris quoi ?

Bah mine de rien je suis calé dans tout le processus de fabrication du bébé (tout le mécansime).

–          Est-ce que c’est difficile de suivre ce parcours et pourquoi ?

Nan c’est finger in the nose j’ai juste à me br…  devant des revues et après le traitement c’est ma femme qui le prend, nan je plaisante. C’est difficile psychologiquement car il faut tout faire pour ne pas y penser mais dans un sens on a tellement envie que ça arrive qu’on arrète pas d’y penser dans n’importe quels gestes et mouvements de la journée. Et puis y la manière d’assumer l’echec,  on culpabilise beaucoup pendant ces phases.

–          Est-ce que t’y crois encore et pourquoi ?

Tant qu’il y aura ne serais-ce qu’une once un micro un nano espoir j’y croirais au plus profond de mon cœur.

–          Tu dirais quoi à un type qui vient d’avoir des résultats pourris sur son sperme ?

Va voir tout de suite un médecin pour voir s’il faut faire une conservation, n’arrête surtout pas la branlette, commence si c’est pas  le cas par avoir une bonne hygiène de vie (manger des aliments seins beaucoup de fruits manger équilibrer arrêter les sodas faire du sport ça entretien et évacue la pression) c’est pour cela qu’on peut faire des fiv. [N.D.L.R.: Monsieur Faithful fait ici référence aux propos que lui a tenu le Dr K. quand nous l’avons rencontré, à savoir que sa qualité (désastreuse) de sperme était inespérée pour une personne accumulant autant de problèmes que lui, et nous en avaons déduit que c’était grâce au mode de vie ascétique et chiant über sain de monsieur Faithful, qui est obsédé par l’idée de mener une vie saine.]

–          Est-ce que tu crois que si le Petit Jésus veut pas qu’on ait d’enfant c’est une sorte de vengeance à cause de tes blagues pourris et pour que tu arrêtes de réciter les dialogues des Visiteurs et des sketches des Inconnus ?

Nan c’est que la vie est injuste ya des connards qui peuvent avoir des bébés et ya des gens qui sont inconscients pendant la grossesse et ils y arrivent quand même, et pas nous.

–          Fais-nous rire : raconte-nous ton premier spermogramme :

Ahah ben c’était à Eylau [N.D.L.R.: le laboratoire d’Eylau, connu de tous les infertiles parisiens je pense] et en fait quand on rentre là dedans on à l’impression que c’est l’usine à sperme ou la rencontre des branleurs anonymes ; y a pleins de pièces avec des télévisions je rentre dans la pièce. Bon déjà l’odeur n’est pas rebutante ça va. Puis y a une infirmière qui me dit « vous vous lavez les mains et le sexe puis vous prenez la télécommande appuyez sur le bouton et …  » et là c’est le drame. Je vais au lavabo pour donc me lavez les mains et … je vois une affiche qui explique comment faire ces choses :

1 . allez au lavabo

2 . lavez vous les mains

3.  prenez une lingette désinfectante

4.  Désinfectez vous la partie intime

5.  jettez a la poubelle la lingette

6.  procédez à la masturbation

C’est vrai je suis un homme je ne sais pas l’ordre des choses.

Donc après je veux me mmm mais y a quelque chose qui coince: la télécommande ne fonctionne pas. Donc je me rhabille et Je demande à l’infirmière pourquoi.

« Ce sont les piles attendez je vais vous en chercher une autre ah bah voilà ça marche » Devinnez quoi ? Gros plans sur une sodomie, trop bien. Voilà et petite anecdote encore palpitante le film passe en boucle que vous soyez dans la salle 1 ou 10 ou mes couilles (elles sont pourries mais bon ça fait rire les gens) vous regardez la même scène (avis aux amateurs pour les concours).

Même si je n’ai aucune idée de quel concours il parle, je crois qu’il m’aurait presque ému ce type, avec ses blagues pourries. Ouais, moi aussi j’ai appris des choses avec cette entrevue.

Bon, si vous voulez dire quelque chose en lien avec l’infertilité, faites pas vos timides, contactez-moi à cette adresse mail par exemple: faithfully_y@ymail.com et venez en parler un lundi!