Archives des articles tagués pma

On devrait se faire un bingo de l’amp où on ferait des grilles avec des noms d’examens et quand on aurait tout complété on aurait gagné. Perso je pourrais cocher déjà « bilan hormonal » et « hystéroscopie » (l’hystéroscopie est un examen charmant et environ indolore qui consiste à mettre une caméra (pas toi-même petit cochon, quelqu’un du métier) (imagine à la femis tu fais caméraman option « vagin » ahahaha) dans ta chatte donc pour voir si tu es aussi belle du dedans que du dehors.)

Je me retrouve avec une ordonnance qui me propose une demi douzaine de cabinets. J’ai beau regarder sur le net et tout, je finis toujours par me retrouver à une heure et demi de chez moi dans un coin paumé de Paris entre deux pmu(on me souffle que ma dernière hystéroscopie avait eu lieu à l’hôpital de la Muette).

L’extérieur était moche. Voire flippant. L’intérieur, on aurait dit l’appart d’une blogueuse mode. Je vous jure, il y avait une cheminée, des murs roses, d’élégantes chaises en plastique transparent, j’aurais suivi avec un bonheur et une délectation sans pareil le compte pinterest de cette gynéco.
image

J’ai pas trop attendu, rapidement j’ai vu la gynécologue raccompagner à la porte UNE FEMME ENCEINTE en lui disant au revoir. Et puis ça a été mon tour. Elle m’a demandé si c’était moi où mon mari le souci. Voyons madame. C’est toujours mon mari le problème, quel que soit le sujet enfin. Et puis elle m’a fait passer dans une autre pièce « là en face ». C’était écrit « Entrée interdite en gros sur la porte, j’ai commencé à flipper.

Ca faisait hyper longtemps que je m’étais pas retrouvé le cul (et la tarte aux poils) à l’air devant un médecin. Limite j’étais gênée vous voyez. Je me suis allongée sur la table, la gynéco m’a gentiment expliqué ce qu’elle allait faire. J’avais les yeux rivés sur le moniteur et elle a à peine eu le temps de me dire « Ne regardez pas maintenant » mais c’était trop tard: j’ai vu mes deux fesses, une sorte d’instrument lubrique en métal (qu’on appelle un speculum) et plouf on était à l’intérieur de moi c’était la science fiction complètement folle.

La gynéco m’a fait visiter mon intérieur, on se serait cru à recherche appartement ou maison: « Là c’est les trompes vous voyez elles sont très belles, on circule facilement dedans, là c’est l’utérus, c’est tout beau, y a pas de traces l’ancien locataire a pas trop salopé le revêtement vous lui rendrez sa caution et voila pouf pouf on va sortir de là, restez allongée cinq minutes le temps que je tape le compte-rendu je reviens vous chercher ».

On se fait chier quand on est allongé seul dans une salle d’échographie vous savez. En cinq minutes j’ai eu le temps de psychoter sur les mille façons qu’elle avait de me voler le contenu de mon sac (laissé dans son bureau) puis de se barrer comme une vraie imposteuse comme on en voit dans les reportages de W9 (les charlatans qui arnaquent des patients sans défenses vous savez bien). Je suis con. Elle est revenue me chercher. Elle m’avait pas fait les poches. Pas encore.

C’est au moment où elle m’a dit « alors voila tout va bien bonne chance madame CA FERA 180€ » qu’elle me les as vraiment faites.

Mais pour 180 €, on peut voir une photo du dedans de ma chatte:
image

J’ai changé vous savez. J’ai arrêté de croire que le monde entier m’en voulait et que s’il me balançait des conneries c’était uniquement dans le but de me narguer (prochain billet philosophique à venir très probablement). Des fois les gens disent des trucs cons, c’est juste parce qu’ils savent pas. Juste des fois on te demande des trucs t’es emmerdé.

Genre quand les voisins qu’on connaissait depuis vingt minutes nous on demandé en rigolant (et en exhibant avec ostentation leurs trois magnifiques enfants) « A QUAND LE DEUXIEME ». Pardon je le prends pas mal hein, ils peuvent pas savoir, juste répondre quoi?

a) ça ne vous regarde pas (ce qui n’est pas très gentil, si on se demandait que des trucs qui nous regarde les uns les autres on se parlerait plus trop les uns les autres en fait si on y réfléchit)

b) hihihi, je ne sais pas, bientôt j’espère hihihi (mais c’est niais)

c) Jamais. (ce qui est un mensonge, mais des fois ça a du bon, ça t’expose juste quand t’annonces ta grossesse à « ah mais c’est un accident » que aussi tu pourrais prendre mal)

Le mari a choisit la réponse d). La réponse où je me suis liquéfiée à ses côtés avec un air gêné en me dandinant sur le canapé des voisins et en essayant de lui faire signe que ça finisse:

« En fait j’ai un problème de qualité du sperme, donc on doit faire des fiv pour avoir des enfants, aller à l’hôpital et tout. Ouais celui la on l’a eu par fiv par exemple, c’est long, des fois ça fonctionne pas, mais ça va hein HAHAHAHAHAHA » (Le mari était très détendu.

Pour en finir avec les questions gênantes, le mari a choisi la réponse gênante.

Après les voisins nous on gentiment dit qu’on aurait le deuxième naturellement parce que des fois c’était psychologique BAH JE L’AI BIEN PRIS VOUS VOYEZ.

 

 

Pendant longtemps dans ma tête il y avait régulièrement toutes les dates des enfants que je n’avais pas eus qui revenaient et qui marquaient l’année, celui que j’aurais pu avoir si j’étais tombée enceinte quand j’ai arrêté la pilule, celui que j’aurais pu avoir si je n’avais pas fait une grossesse biochimique, celui que j’aurais pu avoir si ma première fiv avait fonctionné.

 

Ce blog qui se trouve rangé sous l’url « Un jour mon bébé viendra » depuis qu’il existe quasiment, je me rends compte maintenant seulement à quel point c’est faux. Il n’est pas venu, il m’attendait juste quelque part et c’est moi qui suis allée jusqu’à lui.

Maintenant, les seule dates qui continuent de jalonner l’année, ce sont celles qui marque encore des étapes du chemin qui m’a mené vers celui que j’ai toujours attendu. Arrêter la pilule, essayer et attendre, c’était probablement écrit, et je suis contente maintenant de penser aux dates de premières piqûres, de ponctions, de transferts qui m’ont donné l’immense chance d’être en la possession de la plus grande terreur des bacs à sable de tout le Sud parisien d’un enfant beau comme le jour et surdoué (en toute objectivité évidemment).

Il m’est difficile d’oublier que le 24 décembre 2010, je recevais la première piqûre de traitement de stimulation de ma vie. Traitement qui n’a pas abouti, pas cette fois-là, mais puis-je en vouloir à la vie puisque c’était une étape nécessaire pour que j’ai mon bébé, ce lui-ci, et pas un autre? 

 

Joyeux Noël les gens.